Rodolphe Coster

"La Jungle est le groupe le plus libre que je connaisse dans le milieu rock avec Stakattak. Rémy et Mathieu ne se brident pas au niveau de l'énergie. Aucun maniérisme. Ce croisement techno-math rock, ça me parle. Je les ai découverts via leur label Black Basset il y a des années. C'est une claque que je me prends d'abord en concert. Mais j'aime aussi La Jungle pour son engagement, son regard sur le monde. Ils en parlent autour de leur travail discographique sans en faire un foin. J'ai choisi You Say Amen I Say Sword parce que j'écoutais pas mal de musique orientale. Je côtoyais un joueur d'oud syrien, Razek Badra. Il m'a fait repenser à Anouar Brahem et compagnie. J'avais envie de retravailler un peu les cordes, l'acoustique. Ce morceau me permettait de le faire. J'ai donc repris mon violon que j'avais abandonné depuis quasiment quinze ans et j'ai enregistré dans ma salle de bains. Je voulais un truc entre la musique orientale et Maurice Ravel."
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"La Jungle est le groupe le plus libre que je connaisse dans le milieu rock avec Stakattak. Rémy et Mathieu ne se brident pas au niveau de l'énergie. Aucun maniérisme. Ce croisement techno-math rock, ça me parle. Je les ai découverts via leur label Black Basset il y a des années. C'est une claque que je me prends d'abord en concert. Mais j'aime aussi La Jungle pour son engagement, son regard sur le monde. Ils en parlent autour de leur travail discographique sans en faire un foin. J'ai choisi You Say Amen I Say Sword parce que j'écoutais pas mal de musique orientale. Je côtoyais un joueur d'oud syrien, Razek Badra. Il m'a fait repenser à Anouar Brahem et compagnie. J'avais envie de retravailler un peu les cordes, l'acoustique. Ce morceau me permettait de le faire. J'ai donc repris mon violon que j'avais abandonné depuis quasiment quinze ans et j'ai enregistré dans ma salle de bains. Je voulais un truc entre la musique orientale et Maurice Ravel." "Dès que j'ai vu La Jungle, j'ai tout de suite été hypnotisé et impressionné par sa puissance et son énergie. Il y avait des codes de la musique électronique dans leur côté transe et ça me parlait. Ça ne s'était pas concrétisé mais j'avais déjà imaginé retravailler un morceau de leur premier album. Je sentais que leur musique pouvait devenir un truc plus dancefloor et "DJ friendly". J'ai remarqué que deux titres m'interpellaient. L'un pour la voix, l'autre pour les rythmiques. Et j'ai voulu en faire une espèce de mash-up. Je n'étais pas sûr qu'ils accepteraient cette idée. On est loin de l'approche habituelle du remix plus travaillé et calibré promo. Je voulais avoir cette version de La Jungle jouable en club. En octobre de l'année passée, j'ai sorti le morceau de mon côté et ça a plutôt bien pris. Des DJ l'ont joué. Ce disque donne une deuxième vie aux chansons. Quand tu vois une collection de 25 remixes, tu te dis que l'artiste trouve que ses morceaux manquent de puissance, qu'il a besoin de capitaliser sur les remixes pour avoir de la visibilité. Ici, ce n'est pas du tout ça. On a un objet intéressant, un truc assez complet. Franchement, Past/Middle Age//Future//Remixes a de la gueule." Nicolas Esterle: "La première fois que je les ai entendus, je me suis dit: enfin un duo guitare-batterie différent après dix ans de math rock et de redite. C'était amusant au début mais à la fin tu te faisais un peu chier. Dans La Jungle, il y a vraiment la dimension festive, efficace, disco. Avec aussi quand même un petit côté Lightning Bolt. On a écouté l'album et on s'est dit: tiens, là (sur The Knight the Doom, NDLR), on peut faire quelque chose. L'idée était de ne pas trop toucher aux structures mais plutôt de réaliser un travail de mix sans rajouter trop d'autres éléments, de bosser sur la texture." Frédéric Alstadt: "Un peu comme des producteurs à l'ancienne. On s'est retrouvés dans l'aventure via le MC Citizen Ledge. Il voulait faire un remix de La Jungle et évidemment, il ne pouvait pas y arriver tout seul. Alors qu'on progressait dans le morceau, on s'est dit: putain, on fait du Big Beat... La voix part bien dans ce sens-là en tout cas. C'est marrant d'avoir enchaîné Haïti, pour notre projet avec Chouk Bwa, et La Jungle. On est passés de drummers qui font de la polyrythmie à un batteur qui fait du disco noise. Il y a une certaine logique." "Dans le temps, j'étais gratte-papier pour un truc de merde sur Internet, un média sponsorisé. Je gagnais ma croûte comme ça et j'avais réussi à chroniquer le premier disque de La Jungle. On parlait déjà de techno rock, de kraut dance. On est devenus potes. C'est peut-être le meilleur groupe belge en activité. À chaque fois, ils viennent et ils te mettent la claquette. Ils n'ont pas une vision très aiguë de la scène électronique et donc le projet s'est fondé sur pas mal de rencontres, sur de l'humain. Ce disque est un témoignage de cet entourage, de ces gens qu'ils ont pu rencontrer au fil du temps. C'est comme une grande cour des miracles pleine de freaks et ça donne un truc hyper hétéroclite. Franchement un triple disque de remixes, faut être complètement taré! Moi, j'ai bossé dans le studio de fortune de mon ami DJ Tsygan. Coller au morceau en ajoutant des synthés à la con, c'est toujours nul. On a écouté les pistes isolées et on s'est dit qu'on garderait un bout de voix ici, un petit élément là. Puis, on a projeté des idées un peu marrantes. Genre comment on fait le synthé de Show Me Love? On est très vite revenus à une énergie qui nous a semblé proche du groupe. Extatique, qui tourne sur une puissance, qui monte en longueur. Ce disque est hyper crédible comme disque de musique de danse. Notre morceau est clairement fait pour la teuf. Et ce n'est pas le seul. Nous, on est à la fois breakbeat et musique à ecsta, les bras en l'air et les yeux perdus. Vu la matière de base, chacun a pu y glisser ses obsessions."