Je ne mettrai sans doute jamais un orteil de ma vie à Tomorrowland. Ce n'est pas mon idée du plaisir, qui souffre rapidement de vertiges existentiels et de pulsions haineuses dès que l'on dépasse le cadre du petit club de 300 personnes où une méchante sono fait trembler les narines et propage l'amour. Mon absolu, c'est le Loft de David Mancuso, pas 200 000 bros qui font la chenille sur du Tiesto un drapeau national dépassant de la raie. Je n'y mettrai donc jamais les pieds mais en soi, "le phénomène Tomorrowland" m'intéresse. Je me fous du cirque mais pas des coulisses du cirque, de leurs impacts, de leurs effets pervers. Il me botte de savoir ce qui se trame derrière les châteaux en carton-pâte, la clé USB de David Guetta et les boulettes sauce tomate qui se payent en perles : le politique, le plan de domination planétaire, l'impact sociologique, le pourquoi de la faillite aux Etats-Unis... Plaisantant à peine, je pense aussi que Tomorrowland est à la culture électronique ce que Joseph Staline fut au communisme : si on laisse faire en regardant ailleurs et en minimisant ou en niant les dérives, c'est une autre utopie éventuellement au départ plutôt correcte qui se terminera en drame moral ...