L'art doit-il être forcément engagé? Non, mais quand un personnage comme Donald Trump se retrouve à la tête des Etats-Unis, ne rien faire est déjà une manière de prendre position, semblent se dire de plus en plus d'artistes. En 2017, ils ont ainsi été toujours plus nombreux à "rentrer en résistance", à l'instar de Roger Waters (Pink Floyd), dont la récente tournée s'est transformée en véritable charge anti-Trump.
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L'art doit-il être forcément engagé? Non, mais quand un personnage comme Donald Trump se retrouve à la tête des Etats-Unis, ne rien faire est déjà une manière de prendre position, semblent se dire de plus en plus d'artistes. En 2017, ils ont ainsi été toujours plus nombreux à "rentrer en résistance", à l'instar de Roger Waters (Pink Floyd), dont la récente tournée s'est transformée en véritable charge anti-Trump. Il faut dire que le président a enchaîné les polémiques. Le projet de mur à la frontière mexicaine? L'Orchestre symphonique de Dresde y a organisé un grand concert, avec des musiciens de deux pays. Sa volonté d'interdire les visas pour certains pays arabes? La plateforme de streaming Spotify réagira en lançant "I'm with the banned", projet audiovisuel rassemblant des musiciens venus de Syrie, du Soudan, de Somalie, de Libye, du Yémen et d'Iran. Le jour même de son investiture, Trump était la cible principale de la grande Marche des femmes, la plus importante manifestation de l'histoire des Etats-Unis, où l'on a pu croiser notamment Madonna et Rihanna. Ce jour-là aussi a été lancé le projet 1000 days, 1000 songs: soit l'idée de poster chaque jour un morceau différent et de constituer ainsi "la bande-son de la résistance pour les quatre prochaines années". A l'origine de l'initiative, l'écrivain Dave Eggers s'est même allié avec le label Secretly Group pour rassembler une centaine de titres inédits ou rares de musiciens rock indé (Angel Olsen, Kevin Morby...), dont les bénéfices de la vente seront reversés à des associations menacées par les politiques de l'administration Trump (lutte contre le réchauffement climatique, droits des LGBTQ, etc.). Les rappeurs, en particulier, sont montés au créneau, de Kendrick Lamar à Snoop Dogg. L'auteur de la sortie la plus virulente fut cependant Eminem. En octobre, dans une vidéo diffusée lors de la cérémonie des BET Awards (récompenses dédiées aux musiques noires), le rappeur blanc y allait d'un "freestyle" furieux, une diatribe anti-Trump féroce. Et, contrairement à d'autres, il n'a pas hésité à aller jusqu'au bout de la logique, en demandant à ses fans de trancher: "Je dessine une ligne dans le sable, à vous de vous positionner/Vous êtes avec ou contre nous/Et si vous n'arrivez pas à trancher/Que vous hésitez sur le camp que vous devriez soutenir, je vais vous aider: allez vous faire foutre!" Et de conclure: "Nous aimons notre pays/Mais nous détestons Trump". Angry Shady...