- Mémoire: Nicolas Wieërs déboule comme un lapin Duracell, même s'il est nettement plus grand et moins rose. Pour la treizième édition de Balkan Trafik, son patron est toujours sur le fil d'un rasoir entre notre confort ouest-européen -même relatif- et la cible de ses désirs, agglomération de cultures et de peuples du sud-est du continent. Freelance pour les institutions européennes, il n'a rien du fonctionnaire: plutôt une cocotte-minute émotionnelle qui tente d'amener le meilleur de là-bas en cinq jours et soirées de fin avril bruxellois. "Cela fait quinze ans que je bourlingue dans les Balkans et la méconnaissance de cette région à peine distante de 1.500 kilomètres est vraiment triste. Nos générations sont nées dans un cocon, alors que là-bas, la jeunesse en particulier doit se recréer sur un passé hyper-dur. Tu sais, le massacre de Srebrenica où 8.000 hommes et adolescents ont été assassinés, ne date que de juillet 1995, ce n'est pas vieux."
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