F.I.S.T.: Forged in Shadow Torch
...

Longtemps restée en marge du gaming, la Chine prend sa revanche. Au-delà de grosses productions eSport (Honor of Kings, Summoners War...), sa sphère indé se réveille depuis peu notamment avec la sortie imminente de F.I.S.T. Les animaux anthropomorphiques habillés d'armures fantastiques de ce trip dieselpunk filent joliment entre Metroid et Super Smash Bros. Gorgé de décors marquants, le titre en vue de profil avait été pointé par le China Hero Project, une initiative de Sony visant à aider des studios indés chinois... Pilier du jeu indé qui en a écrit sa grammaire avec Sword and Sworcery EP il y a dix ans, les Canadiens de Superbrothers reviennent aux affaires de fort belle manière avec JETT: The Far Shore. Ce jeu de pilotage et d'exploration planétaire hypnotique se teinte d'une sorte de folklore mongol pour plonger dans des missions où l'on gère les rebonds et les accélérations de son vaisseau. Prospectant de nouveaux horizons salvateurs pour l'humanité, le titre évoque une sorte de glisse zen à la Tony Hawk, dans des paysages extraterrestres, minimalistes et démesurés. Gare à l'atterrissage. Bill Murray et Tom Cruise essayaient de se sortir des boucles temporelles d'Un Jour sans fin et d'Edge of Tomorrow en changeant certains actes de leurs journées répétitives. Deathloop empruntera partiellement cette idée en explorant des Swinging Sixties barrées et insulaires. Demandant d'éliminer huit boss pour briser un cycle quotidien sans fin, le FPS joue de la temporalité pour faire progresser le gamer. Chaque nouvelle boucle permet en effet d'en apprendre plus sur l'île et ses habitants au fil d'une progression dont la multiplicité des approches évoque Dishonored. En nous armant de pouvoirs télékinétiques pour, par exemple, se téléporter en hauteur, Deathloop se hisse sans peine comme l'événement de cette rentrée tant Arkane Studios (Prey, Dishonored...) danse avec talent entre FPS et jeu de rôle depuis près de dix ans. Absent des consoles de salon de Nintendo depuis onze ans, Metroid revient sur Switch. La saga culte de Nintendo opte pour une vue de profil old school (héritée des épisodes sur 3DS) entre plateforme, tir et exploration. Centrale dans cet opus, l'idée de duel permanent contre des robots invincibles donne l'occasion à ses créateurs (qui avaient déjà ressuscité Castelvania avec talent) de développer l'idée d'infiltration. Un gameplay sans bruit, à l'image d'un certain Alien: Isolation. Comme le prouvaient les sélections de la première édition du Tribeca Games Festival en juin dernier, le monde du cinéma, de la télé et de l'animation tente l'aventure du jeu vidéo. Kena: Bridge of Spirits et sa réalisation ultra-léchée le confirment. Cet action RPG naturaliste se vit en effet comme un film Pixar au fil d'un gameplay oscillant entre God of War, Horizon Zero Dawn et Pikmin. Gageons que le jeu d'exploration par plateformes ne soit pas une belle coquille vide.