Enfant et adolescent, j'ai passé un temps dingue devant la télévision. Beaucoup de ces moments ont été perdus comme des miettes de chips dans le tapis, mais d'autres ont au contraire changé ma vie, pour un mieux. Je n'aurais par exemple sans doute jamais écrit sur la musique de la même façon si je n'avais pas savouré chaque minute de Rapido et des Enfants du Rock, les émissions d'Antoine De Caunes avant Canal+, ainsi que le Sex Machine de Jean-Pierre Dionnet et Philippe Manoeuvre sur la deuxième chaîne française. Mon anglais s'est aussi considérablement amélioré en regardant Christopher Lee/Dracula traquer le décolleté de Barbara Steele le samedi sur la BBC et le soir où j'ai vu Badlands de Terrence Malick pour la première fois (il y en a eu 25 ou 30 autres depuis), j'ai compris que je n'aimais pas les blockbusters, ni vraiment Star Wars, et que mes goûts véritables allaient vers des films plus bizarroïdes et souvent lents. D'autres images fortes et formatrices: les clips de Duran Duran et de Frankie Goes To Hollywood, The Smiths au Whistle Test, les premières théories de conspiration chez Christophe Dechavanne, Twin Peaks et la Guerre du Golfe clippée en direct sur La Cinq...
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