Au moment d'achever cette cinquième saison de chroniques, juste avant le break estival aoûtien, c'est comme chaque année la même chose : j'aimerais un sujet percutant, provocateur, trash, polémique, jongleur, marrant, qui laisse le lecteur pantois, la rédaction admirative et fait s'embraser les réseaux sociaux. Surtout histoire d'être réclamé en septembre, à la rentrée : business is business, encore plus dans un contexte aussi incertain et précaire que celui que nous traversons. L'ennui, c'est qu'assis à mon bureau devant mon ordinateur ce samedi 25 juillet 2020 aux alentours de 13 heures, c'est surtout moi qui suis pantois. Groggy, même. Mon boulot ici, est de trouver sur les réseaux sociaux des tendances culturelles et/ou bizarres et de vous en parler. Partager des enthousiasmes ou des réserves mais exposer quelque-chose sur lequel j'ai un point de vue, un angle, des idées. Or là, pour cette dernière chronique de la saison, j'ai bien sous le coude deux sujets que j'estime assez percutants mais il s'avère que je suis incapable d'en tirer quoi que ce soit. Pas d'angle, pas de point de vue. L'incertitude la plus complète, la purée de pois intellectuelle la plus dense. Je lis ces articles, je les relis et tout ce que j'en tire, c'est l'impression d'avoir été aspiré dans une nouvelle de Philip K. Dick ou dans un épisode de Black Mirror. C'est devenu bateau de dire ça, je sais. Mais c'est la réalité et cette réalité ressemble drôlement à un tapis qu'on viendrait de retirer de sous mes pieds pour que se dévoile non pas l...

Au moment d'achever cette cinquième saison de chroniques, juste avant le break estival aoûtien, c'est comme chaque année la même chose : j'aimerais un sujet percutant, provocateur, trash, polémique, jongleur, marrant, qui laisse le lecteur pantois, la rédaction admirative et fait s'embraser les réseaux sociaux. Surtout histoire d'être réclamé en septembre, à la rentrée : business is business, encore plus dans un contexte aussi incertain et précaire que celui que nous traversons. L'ennui, c'est qu'assis à mon bureau devant mon ordinateur ce samedi 25 juillet 2020 aux alentours de 13 heures, c'est surtout moi qui suis pantois. Groggy, même. Mon boulot ici, est de trouver sur les réseaux sociaux des tendances culturelles et/ou bizarres et de vous en parler. Partager des enthousiasmes ou des réserves mais exposer quelque-chose sur lequel j'ai un point de vue, un angle, des idées. Or là, pour cette dernière chronique de la saison, j'ai bien sous le coude deux sujets que j'estime assez percutants mais il s'avère que je suis incapable d'en tirer quoi que ce soit. Pas d'angle, pas de point de vue. L'incertitude la plus complète, la purée de pois intellectuelle la plus dense. Je lis ces articles, je les relis et tout ce que j'en tire, c'est l'impression d'avoir été aspiré dans une nouvelle de Philip K. Dick ou dans un épisode de Black Mirror. C'est devenu bateau de dire ça, je sais. Mais c'est la réalité et cette réalité ressemble drôlement à un tapis qu'on viendrait de retirer de sous mes pieds pour que se dévoile non pas le sol mais l'infini. Voilà, j'ai l'impression que tout cela me confirme une énième fois que l'époque que nous traversons ne tient plus du hasard, encore moins de la nécessité, mais a juste été scénarisée. Mal. Par un morveux cosmique fumeur de joints. Vous ne comprenez plus rien ? Moi non plus. Alors, on va faire simple. Je vous livre juste les faits et vous vous démerdez... Zyva ! Le 22 août prochain aura lieu à la Quaterback Arena de Leipzig un concert du chanteur Tim Bendzko, artiste dont je n'avais jusqu'ici jamais entendu parler mais que Wikipédia nous assure être une mégastar sur ses teutonnes terres natales. Plus de 4000 personnes devraient y assister. Hein ? Quoi ? Un concert de plus de 4000 personnes en pleine pandémie ? Dans une salle fermée ?!? Emmanuel André, reviens, ils sont devenus fous ! Mais oui, un concert, et avec l'aval des autorités sanitaires allemandes encore bien. Le but premier de cet événement n'est en effet pas d'égayer les foules, ni de promouvoir les talents vocaux de Tim Bendzko mais bien d'étudier comment se propage le coronavirus dans un environnement clos. "Notre but est de trouver un juste milieu entre l'ancien normal et le nouveau normal, un modèle qui autoriserait les organisateurs de rassemblements de masse à accueillir assez de personnes dans une salle pour ne pas subir de pertes financières", a dit au journal The Guardian le coordinateur de cette expérience, Stefan Moritz. Sur le site de son université, Moritz évoque encore la "menace existentielle" que représente les mesures contre le Covid-19 pour beaucoup d'athlètes et d'artistes, dont les entrées financières dépendent de la présence d'un public à des concerts, sur des festivals et lors de rassemblements de masse.Bien sûr, il s'agit d'une simulation, aux risques minimisés. Déjà, on n'acceptera à ce concert que des personnes entre 18 et 50 ans, la tranche démographique a priori la plus apte à mieux encaisser une éventuelle infection. Ce public sera également équipé de masques et de gel sanitaire et il n'y aurait donc que 4200 personnes dans une salle pouvant en temps normal en accueillir 12 000. Pour le reste, il s'agira surtout de rester naturel, d'agir comme lors de n'importe quel concert. Du temps réel donc, où chaque mouvement, chaque geste et chaque expiration seront analysés. Une expérience dont le coût avoisine le million d'euros mais où les participants seront bénévoles et même pas défrayés. Et donc, je lis ça et mon cerveau s'emballe : Herr Doktor Maboule ? Schwartze Spiegel ? Plus tordu encore ? Et quid si ce que l'on appelle un super-propagateur s'invite à ce concert ? Et on fait quoi de ces 4000 personnes, ensuite ? On les lâche dans la nature ? On leur oblige une quarantaine, SANS DEFRAIEMENT ? Et si quelqu'un meurt suite à cette expérience, qui payerait les frais funéraires ? Après, à moins d'un mois de la date du concert, il faut bien dire ce qui est : sur les 4200 participants nécessaires, on ne comptait ce 25 juillet en début de soirée que 1130 inscrits. Vendredi soir, est tombée une autre petite nouvelle qui n'a pas l'air d'avoir été bien mesurée par le grand-public, alors qu'elle pourrait pourtant bien transformer 2020 en année la plus dingue de l'histoire humaine, rien de moins. Cela se passe en plusieurs temps, alors accrochez-vous. Pour commencer, le Pentagone a officiellement reconnu que sa section OVNI était toujours active. Autrement dit, que l'armée américaine s'intéresse réellement aux objets volants non identifiés, ce qui a jusqu'ici toujours été plutôt nié. Jadis financée par de l'argent public de façon très opaque, cette section spéciale de la Défense a sinon encore promis de désormais jouer la carte d'une certaine transparence : tous les six mois, il est question de rapporter l'état de ses enquêtes et de ses recherches à un comité sénatorial et, dans la foulée, de mieux communiquer avec le grand-public. De carrément lui faire savoir des choses. Une opération de relations publiques, donc. Sauf que c'est plus zinzin que ça ne le paraît. Parce qu'en fait, l'armée américaine vient du même coup de reconnaître que des engins volants inconnus et aux propriétés étonnantes sont régulièrement observés à proximité d'installations militaires et lors d'exercices plus ou moins secrets. Sur une radio de Miami, il y a quelques jours, le sénateur Marco Rubio s'en est franchement ému : "Nous avons des trucs qui volent au-dessus de nos bases militaires et là où ont lieu nos exercices et nous n'avons aucune idée de ce que c'est - sinon que ce ne sont pas des nôtres.". Le flip majeur de ces politiciens américains n'est donc pas tant que des extraterrestres se tirent des selfies au-dessus de leurs installations militaires mais bien que Russes, Chinois, Arabes, Nord-Coréens ou tous ensemble aient réussi un bond technologique et militaire majeur qui ringardiserait complètement la défense yankee. "A game changer", comme ils disent. Et le suspectent. Ce n'est pas le plus fou. Dans un article du New York Times (pas un post d'un blog genre PetitsGrisPointCom, donc...) lâché sur la toile vendredi soir, l'ancien sénateur Harry Reid et un astrophysicien jadis sous contrat avec les militaires laissent en effet encore entendre que le gouvernement US ainsi qu'un sous-traitant privé spécialisé dans l'aéronautique auraient en leur possession au moins "un véhicule qui n'a pas été fabriqué sur cette Terre". Et que la confirmation officielle de son existence pourrait être la première sortie publique de l'unité spéciale du Pentagone désireuse de désormais mieux communiquer avec le public. Autrement dit, on serait à quelques semaines du moment où l'appareil d'état américain reconnaîtrait avoir en sa possession une soucoupe volante venue d'ailleurs. Alors, certes, on n'en serait pas au premier enfumage complet sur le sujet. Et, certes, on n'avait certainement pas besoin de ça pour rendre 2020 encore plus perturbante, délirante et anxiogène. Je me suis imaginé en 2045, un jeune me demander comment j'avais vécu cette année : "- Oh ben, il y avait le virus..." "Quoi ? T'avais la grippe quand ils ont annoncé qu'on n'était pas seuls dans l'univers ?!?" #vdm, quand même...