Flottant avec une aimable amibe, ce jeu d'exploration épuré demande ainsi de se déplacer sur des tableaux 2D en se projetant de la même manière, d'une forme géométrique à l'autre. Le tout sans contrôler sa trajectoire entre les deux. Mine de rien, ce gimmick offre ici des sensations uniques. Un sentiment étrangement plaisant de lâcher-prise domine les mouvements pr...

Flottant avec une aimable amibe, ce jeu d'exploration épuré demande ainsi de se déplacer sur des tableaux 2D en se projetant de la même manière, d'une forme géométrique à l'autre. Le tout sans contrôler sa trajectoire entre les deux. Mine de rien, ce gimmick offre ici des sensations uniques. Un sentiment étrangement plaisant de lâcher-prise domine les mouvements presque aquatiques de Ynglet. Louper une trajectoire et chuter en pensant que tout est perdu se solde parfois par un rattrapage in extremis jubilatoire. Pour progresser, les gigantesques toiles abstraites de ce jeu suédois demandent d'ailleurs de récolter un certain nombre de graines, ce qui exige des déplacements de plus en plus délicats. Comparable par certains aspects à un jeu de plateforme en vue aérienne, Ynglet ajoute progressivement des variables passionnantes à son équation de départ. Des carrés et des cercles tournent sur eux-mêmes et modifient les trajectoires de projection. Un dash permet de s'élancer plus loin. D'un rebond sur des barrières obliques à des déplacements sur des réseaux parfois complexes de rails, on se croirait sur un plateau de flipper. Hommage à Stockholm, Ynglet et ses dessins épurés au feutre regorgent d'animations haut de gamme et de fabuleux effets d'explosions de particules. Son électro voyageuse et ses xylophones atmosphériques vibrent au fil d'un sound design indiquant les zones à découvrir. Pas de doute, son créateur Nicklas Nygren sait y faire. Ce développeur dont le goût pour l'exploration atmosphérique se manifestait déjà sur Knytt et NightSky signe ici une de ses oeuvres les plus novatrices et attachantes. Un futur classique culte pour les fans du Flow de Jenova Chen et du Hohokum de Richard Hogg.