L'immortalité et l'universalité de la mythologie grecque enluminent l'Histoire du jeu vidéo. Tragédie, superpouvoirs, créatures folles... Des flèches de Kid Icarus sur NES aux joutes dantesques de God of War sur PS3, le médium ludique n'a pas manqué d'avaler des récits homériques pour les transformer en hits. Après avoir parcouru la Grèce antique sur Assassin's Creed Odyssey, il y a deux ans, Ubisoft invoque de nouveau les dieux de l'Olympe pour déployer les ailes d' Immortals Fenyx Rising. Une nouvelle licence qui vole très près de Zelda: Breath of the Wild.
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L'immortalité et l'universalité de la mythologie grecque enluminent l'Histoire du jeu vidéo. Tragédie, superpouvoirs, créatures folles... Des flèches de Kid Icarus sur NES aux joutes dantesques de God of War sur PS3, le médium ludique n'a pas manqué d'avaler des récits homériques pour les transformer en hits. Après avoir parcouru la Grèce antique sur Assassin's Creed Odyssey, il y a deux ans, Ubisoft invoque de nouveau les dieux de l'Olympe pour déployer les ailes d' Immortals Fenyx Rising. Une nouvelle licence qui vole très près de Zelda: Breath of the Wild. Aussi bon qu'un film des studios Ghibli ou Disney, Breath of the Wild oscillait entre émerveillement paysager et ressorts ludiques très RPG. Son monde ouvert qui avait la délicatesse de ne pas prendre le gamer par la main -pour miser sur son intelligence- est donc déjà devenu un classique dont s'inspire Fenyx Rising. Enfilant la tunique d'un avatar brièvement personnalisable, le joueur y découvre ainsi un monde ouvert dense dont les traits les plus saillants évoquent irrémédiablement vers le dernier Zelda. L'idée brillante de disposer d'une palette de pouvoirs et d'accessoires faisant double, voire parfois triple, emploi domine le jeu québécois. Par exemple, l'arc à flèche de Fenyx permet de guider au ralenti des projectiles pour des headshots aux dommages conséquents. Le personnage s'emploie également à allumer des braseros ouvrant des portes. Utile lors des phases de combats et de puzzle game, cette arme de jet, cousine du boomerang de Link, rejoint une liste d'éléments couteau suisse. Le tout pour une très agréable impression de cohérence. Dictés par une jauge d'endurance limitant les phases de course à pied, de vol plané ou d'escalade, les affrontements déploient une large palette d'actions offensives. D'un gros coup de massue, on brise par exemple la garde d'un bouclier pour ensuite enchaîner avec les petites frappes. Jeter des projectiles comme des rochers ou des troncs d'arbres abattus au hasard d'une bousculade offre des bonnes sensations. Les core gamers gloseront sur la facilité de ses contres. Mais le bestiaire hétéroclite de Fenyx Rising et son accessibilité se dressent comme une porte d'entrée idéale vers le plus complexe Dark Souls. Comme sur le hit de FromSoftware, il n'est d'ailleurs pas rare de fuir face à un adversaire surpuissant croisé au détour d'un voyage. Le vaste monde ouvert pousse d'ailleurs à l'exploration minutieuse de ses mille secrets entre monts, donjons, terres et fonds marins. La verticalité topographique de son level design réjouit. Et planifier ses déplacements en observant l'environnement enthousiasme, comme sur Death Stranding. Coiffé d'un pitch convenu et des dialogues essayant péniblement de briser le quatrième mur, Immortals Fenyx Rising se faufile finalement entre Assassin's Creed (l'arbre de compétences), Fortnite (sa réalisation visuelle cartoonesque très flashy) et Breath of the Wild, sans jamais se prendre les pieds dans le tapis. Un essai réussi pour Ubisoft.