On avait quitté Greg Lobanov, l'auteur de Wandersong, avec un sourire doux-amer, il y a trois ans. Après ce platformer musical chantant l'effondrement imminent de notre monde, le créateur canadien semble plaquer le célèbre MS Paint de Windows sur un Zelda 2D avec Chicory. Chaque tableau de ce jeu d'aventure peuplé d'animaux anthropomorphiques se...

On avait quitté Greg Lobanov, l'auteur de Wandersong, avec un sourire doux-amer, il y a trois ans. Après ce platformer musical chantant l'effondrement imminent de notre monde, le créateur canadien semble plaquer le célèbre MS Paint de Windows sur un Zelda 2D avec Chicory. Chaque tableau de ce jeu d'aventure peuplé d'animaux anthropomorphiques se parcourt, en effet, comme un livre de coloriage à remplir. Originalité: chaque couleur influence la mobilité du joueur et son interaction avec les décors. Plongé dans un monde devenu monochrome, Chicory démarre avec une grande peintre en pleine dépression, qui finit par céder au protagoniste son pinceau magique, transmis de génération en génération. De l'impression d'usurpation à l'éternelle question de l'inspiration, Lobanov trouve ici un parfait prétexte pour parler de thèmes -finement abordés- qui lui sont chers. Niais au premier abord, le récit de Chicory n'en est pas moins dense et attachant. Parler plusieurs fois à un même personnage aligne des réponses différentes. Pas très méchant, le gameplay de ce Pleasantville ludique opte pour de l'exploration où l'on peint par exemple une cave noire pour trouver son chemin. Colorier certaines plantes les fait aussi rapetisser ou grandir (pour les transformer en pont providentiel). Quelques phases de plateforme utilisent parfois la couleur comme Splatoon pour grimper sur des murs. Habité de boss très shoot them up et veiné d'activités annexes, Chicory ajoute une bien belle pierre à l'édifice incertain des wholesome games, ces jeux parfois trop bienveillants pour être honnêtes.