Je n'ai jamais très bien compris cette affirmation comme quoi pour faire de la bonne littérature, il fallait forcément beaucoup de tendresse pour ses personnages et donc aussi aimer l'humanité qui les inspire. Comme si une bonne écriture ne pouvait être détachée, clinique, ou même cynique et cruelle? Comme si n'existaient pas d'excellents romans écrits par de pur(e)s misanthropes? Je n'ai jamais très bien compris pourquoi critiquer publiquement quelque chose relèverait de la pure perte de temps, une simple occasion manquée de partager un enthousiasme; qu'il n'y a là le plus souvent que l'expression d'une aigreur malade. Comme si Paths of Glory de Stanley Kubrick, plutôt virulent envers l'armée française, ou les bouquins d'Albert Londres dénonçant des injustices étatiques alors impunies, ne tenaient que de bafouilles rageuses d'auteurs frustrés. Je n'ai non plus jamais très bien compris pourquoi la culture qui est produite en Belgique bénéficie automatiquement d'un avis favorable dans les médias. C'est absurde et on est en train de refaire exactement la même bêtise avec les femmes. Au nom du #metooisme, parler en bien de grosses bouses, simplement parce qu'elles sont l'oeuvre de femmes. Ce sont là des petits mantras de la médiasphère, des règles tacites qu'il peut être hasardeux de ne pas respecter. On peut encore ajouter à ce package déjà bien neuneu l'idée qu'il ne faudrait blesser personne quand on s'exprime publiquement et que l'humour, obl...