Le major Laurène Weiss sort progressivement de sa convalescence (trois balles en fin de première saison) mais, deux mois après le début de son enquête au pays de l'étrange, les plaies les plus difficiles à cicatriser ne sont pas physiques. Elle trime avec sa fille Cora (marquée par la mo...

Le major Laurène Weiss sort progressivement de sa convalescence (trois balles en fin de première saison) mais, deux mois après le début de son enquête au pays de l'étrange, les plaies les plus difficiles à cicatriser ne sont pas physiques. Elle trime avec sa fille Cora (marquée par la mort de son amie), le revanchard procureur Siriani (fascinant Laurent Capelluto), une sociopathie latente, les mystères non encore élucidés de "L'Homme des Bois" et de nouveaux meurtres sanglants dont les circonstances évoquent un rituel druidique. Le taux d'homicide de la petite bourgade de Villefranche et de sa forêt profonde ne faiblit pas au cours de cette saison marquée par des flash-back remontant à l'époque romaine, terreau fertile pour d'autres funestes réactions en chaîne: une série de plaies celtiques et prophétiques accablent les habitants et les animaux et semblent tourner autour des carrières locales Steiner. La multiplication des intrigues et des noeuds temporels leste un peu une série qui parvient tout de même à se détacher du tout-venant par sa maîtrise de l'étrangeté, ses compositions d'image dignes d'un roman graphique et son casting relevé. Quand la lente et parfois laborieuse reconstitution du puzzle animiste sort de la brume, elle laisse entrevoir de grands moments de mise en scène et délivre un message cinglant aux humains.