DE RICH MOORE. AVEC LES VOIX DE JOHN C. REILLY, SARAH SILVERMAN, JANE LYNCH. 1 H 41. DIST: DISNEY.
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DE RICH MOORE. AVEC LES VOIX DE JOHN C. REILLY, SARAH SILVERMAN, JANE LYNCH. 1 H 41. DIST: DISNEY. Si Brave, le dernier Pixar, fleurait bon le classique Disney, de ce récent Disney percole a contrario un état d'esprit très Pixar. Présence de John Lasseter au poste de producteur exécutif oblige? Toujours est-il que ce Wreck-It Ralph, signé par le réalisateur d'une volée d'épisodes des Simpsons ou de Futurama, surfe habilement sur la vague du rétrogaming en s'attachant aux aventures d'un vilain de jeu vidéo vintage -clairement inspiré de l'esthétique 8-bit de Donkey Kong- rêvant de s'affranchir de sa condition d'éternel bad guy (mention très bien à la voix de nounours mal dégrossi de John C. Reilly). Argument savoureux qui vaut au film une ouverture débordant d'inventions où, une fois la salle d'arcade fermée, les personnages voyagent d'un jeu à l'autre: un principe qui permet de varier les univers graphiques, et donc les genres cinématographiques. Ce que traduit parfaitement le titre français: Les Mondes de Ralph. Multipliant les références à la culture gaming et les caméos vidéoludiques -de Bowser (Super Mario Bros.) à Zangief (Street Fighter) en passant par les fantômes de Pac-Man ou les antédiluviens paddles de Pong-, la suite, plus convenue, mixe aussi à la grosse louche les emprunts ciné -on pense, pêle-mêle, à Tron (la plongée dans l'univers d'un jeu vidéo), Monsters, Inc. (le personnage coincé dans un monde qui n'est pas le sien), Cars (les diverses courses de bagnoles) ou encore Charlie and the Chocolate Factory (les décors tout en friandises). Pour un pur produit des années 2010: revivaliste et sous influence. Et un aimable divertissement animé, traversé par la question de la capacité à se réinventer et par une angoisse de mort, ou en tout cas de péremption, qui travaillait déjà les jouets de Toy Story. En bonus Blu-ray, entre un passionnant docu sur les dessous des divers mondes de Ralph et les teasers de Monsters University, prequel de Monsters, Inc. annoncé pour l'été, et de Planes, spin-off de Cars qui devrait voir le jour à l'automne, on retiendra tout particulièrement les sept minutes de Paperman, déjà présenté en avant-programme de Wreck-It Ralph dans les salles et dont la rétromania prend pour le coup sa source dans le New York classy des années 40. Merveille graphique de romance muette en noir et blanc (et une touche de lipstick carmin), la chose a remporté l'Oscar 2013 du meilleur court d'animation mais il est désormais permis de lui préférer Paperman Threesome (à voir sur YouTube), hilarante parodie concoctée par les cancres de College Humor où l'amourette naissante prend les allures d'un improbable plan à trois. NICOLAS CLÉMENT