Quand votre histoire familiale ressemble à un roman, et même par moments à un polar burlesque, pourquoi ne pas la raconter? C'est ce qu'a dû se dire Alexandre Labruffe au moment de mettre en chantier Wonder Landes (mention spéciale pour le titre), récit désopilant des (més)a...

Quand votre histoire familiale ressemble à un roman, et même par moments à un polar burlesque, pourquoi ne pas la raconter? C'est ce qu'a dû se dire Alexandre Labruffe au moment de mettre en chantier Wonder Landes (mention spéciale pour le titre), récit désopilant des (més)aventures de son frère aîné Pierre-Henri, dit PH, mythomane aux identités multiples et escroc à la petite semaine, soudain accusé d'enlèvement, de séquestration en bande organisée et on en passe et des pires. Un costume criminel bien trop grand selon l'auteur, qui le voyait tout au plus comme un " second couteau, un humble commis du crime, un petit bras (cassé)". Que s'est-il passé? Quelles blessures tapies dans l'enfance landaise ont conduit ce fils élevé dans un cocon à se " nourrir de mirages"? Autant de questions et de mystères qui obsèdent le benjamin, et atomisent un daron à l'agonie. Fidèle à l'architecture faussement débraillée de ses truculentes Chroniques d'une station-service, le Bordelais rassemble les pièces -méli-mélo poético-loufoque de faits, de témoignages (des ex notamment), de souvenirs réinterprétés, de sarcasmes (notamment de la compagne coréenne de l'écrivain) ou de sentences claquant comme du Audiard- d'une histoire familiale s'écroulant sur elle-même. Les mots racontent, ils réparent aussi sans doute un peu.