Willem Dafoe en Pier Paolo Pasolini, il y a là comme une évidence, qu'un seul plan du film d'Abel Ferrara (lire son interview page 28) suffit à imposer. Et l'on ne parle pas uniquement, en l'occurrence, d'un mimétisme dépassant les lunettes à monture noire, et dont l'acteur s'amuse d'ailleurs -"On me dit que je lui ressemble, mais c'est un masque, derrière lequel je disparais"-, mais aussi de la sobre intensité avec laquelle il absorbe les différentes facettes du poète. Un défi comme Dafoe les apprécie, lui qui fut notamment le Jésus de The Last Temptation of Christ, ou le Max Schreck de Shadow of the Vampire, à quoi s'ajoute une galerie de personnages de fiction aux profils aiguisés, allant du Bobby Peru de Wild at Heart au He de Antichrist; du Green Goblin de Spider-Man au Jopling cartoonesque de The Grand Budapest Hotel, et l'on en passe.
...