Après deux saisons à jouer avec les temporalités et les grands espaces et à nouer des narrations anachroniques et tortueuses, la troisième génération de Westworld, la fable épique et dystopique de HBO emballée dans du blockbuster de studio hollywoodien, met deux pieds dans le réel. Celui d'un fut...

Après deux saisons à jouer avec les temporalités et les grands espaces et à nouer des narrations anachroniques et tortueuses, la troisième génération de Westworld, la fable épique et dystopique de HBO emballée dans du blockbuster de studio hollywoodien, met deux pieds dans le réel. Celui d'un futur qui se veut proche, hyper digitalisé et technoïde: le monde des humains asservis à leur illusion de contrôle high-tech. Après avoir liquidé leurs invités sur le plateau d'un western panoramique et sadique, goûté aux dangers d'un Japon toujours féodal, les "hôtes" touchent au monde des humains: infiltrée dans un Los Angeles futuriste, Dolores (Evan Rachel Wood) poursuit sa croisade contre l'Humanité, mariant une mythologie inverse de Néo ( Matrix) à un tempo bad ass qui évoque les dernières générations de Terminator. Plus ramassé, moins tortueux, mais toujours arrimé au besoin d'en mettre plein la vue et les neurones, le récit se recentre sur les quêtes principales -Dolores, Bernard, Maeve, L'Homme en Noir- et introduit un nouveau personnage lunaire, Caleb, joué par Aaron Paul ( Breaking Bad). Les images sont léchées, la réalisation digne d'être projetée sur un écran de cinéma. Distrayant mais désormais prévisible, cette ambitieuse nouvelle saison manque cruellement de sentiments organiques et s'empêtre par moment dans les ficelles qu'elle a trop tirées par le passé.