Afin de pallier le manque de bons scénarios originaux, la bande dessinée se plonge régulièrement dans le riche passé de la littérature. Après les grandes maisons d'éditions, c'est au tour des indépendants d'y faire leur marché. Tant qu'à s'inspirer, autant prendre les oeuvres qui ont...

Afin de pallier le manque de bons scénarios originaux, la bande dessinée se plonge régulièrement dans le riche passé de la littérature. Après les grandes maisons d'éditions, c'est au tour des indépendants d'y faire leur marché. Tant qu'à s'inspirer, autant prendre les oeuvres qui ont marqué; Matteo Berton s'attaque au monument de Jules Verne qu'est Voyage au centre de la Terre. Otto Lidenbrock, éminent minéralogiste et géologue allemand, part avec son neveu et un guide sur les traces d'Arne Saknussemm qui, quelque 300 ans plus tôt, avait trouvé un chemin menant vers le centre de la Terre. Voilà les trois compagnons descendant dans une crevasse au pied d'un volcan islandais. Pour ceux qui auraient zappé le XIXe siècle, sachez qu'ils vont y vivre moult aventures rocambolesques à la Indiana Jones. L'auteur a choisi de ne pas trop bousculer le classicisme de la narration, ce qui la rend quelque peu désuète. L'intérêt du livre réside clairement dans le graphisme adopté. Très inspiré par des illustrateurs américains des années 50 comme Jim Flora ou Charley Harper, Berton s'est imposé de ne travailler qu'en aplats de gris, nuances de marron, vert turquoise et blanc, conférant à l'ensemble un aspect vintage et cubiste par moments abstrait. C'est très beau et plus particulièrement destiné aux nostalgiques des livres illustrés de la jeunesse de papa.