La RTBF rêvait, avec The Voice Belgique, de 25 % de parts de marché. C'est fait. Malgré les machines de guerre programmées en face par la concurrence, le 3e prime du nouveau télécrochet de La Une a scoré à quelque 500 000 téléspectateurs. Un sacré bon présage, à ce stade-ci de la diffusion: l'émission avait démarré à 427 000, boostée par l'effet de curiosité. Après 3 éditions, on est en droit de penser que l...

La RTBF rêvait, avec The Voice Belgique, de 25 % de parts de marché. C'est fait. Malgré les machines de guerre programmées en face par la concurrence, le 3e prime du nouveau télécrochet de La Une a scoré à quelque 500 000 téléspectateurs. Un sacré bon présage, à ce stade-ci de la diffusion: l'émission avait démarré à 427 000, boostée par l'effet de curiosité. Après 3 éditions, on est en droit de penser que le public a mordu pour de bon. Les esprits chagrins rappelleront que la version flamande de The Voice rassemble le double de fans devant la télé, et que le jury francophone fait pâle figure face à son homologue du nord. Ce qui n'est pas fondamentalement faux. Mais doit être nuancé: RTL peut se prévaloir de ce qui s'appelle l'"effet de chaîne", ce qui signifie qu'un écran noir lui rapporte plus de téléspectateurs qu'une merveille sur la RTBF. L'effet de chaîne est une question d'image, le service public y travaille. Ensuite, le jury. C'est vrai, la RTBF propose une poignée de coachs peu fédérateurs -Lio agace, Quentin Mosimann n'est connu que de quelques auditeurs d'NRJ, BJ Scott ne touche que les plus âgés et les membres de Joshua comptabilisent seulement 6400 fans sur Facebook, là où Suarez, par exemple, en a plus de 30 000. The Voice van Vlaanderen, de son côté, épate par son casting. Que des stars hypercrédibles sur les fauteuils pivotants: Natalia Druyts, Koen Wauters de Clouseau, Jasper Steverlinck d'Arid et Alex Callier d'Hooverphonic. Mais (et c'est sans doute enfoncer une porte ouverte que le souligner) le talent se joue des frontières linguistiques, et l'échantillon de voix qui a déjà pu s'exprimer sur scène n'a pas à rougir en comparaison avec ce qui se fait ailleurs, avec plus de moyens et plus d'effectifs. Le principal talent de The Voice Belgique étant pour le moment sa capacité à faire parler d'elle sur les réseaux sociaux: plus de 6000 tweets ont ainsi été émis la semaine dernière durant le prime, faisant du sujet un "trending topic" francophone. Les twittos formant une communauté particulièrement critique, leur assiduité à se planter le mardi soir devant la télé est peut-être le meilleur indicateur de qualité de The Voice. l MY. L.