"2017. Après des années d'espoir et de croissance, l'économie du Brésil s'effondre. Rio de Janeiro est en faillite, son opéra à l'agonie." En deux lignes blanches sur un écran noir, le cadre est fixé. Au théâtre municipal, réplique du palais Garnier, îlot de grâce au milieu du chaos, danseurs étoiles, musiciens de l'orchestre symphonique, portiers, logeuses ne sont plus payés depuis plusieurs mois. La colère gronde mais le ballet résiste, s'obstine. Il offre son art avec trois payes de retard et danse en échange de haricots et de riz jusqu'à atteindre les limites de sa dignité. Des répétitions aux spectacles, de la scène à la rue, le tout dans un noir et blanc léché, Vertige de la chute suit quelques membres de l'équipe. Il y a Marcia Jaqueline qui a décidé de quitter Rio, de rejoindre une compagnie de danse en Autriche et participe à son dernier spectacle. Felipe, premier danseur qui doit bosser pour Uber, histoire d'avoir de quoi payer les factures. Puis aussi le vieux Joao qui survit en faisant des travaux de peinture, crèverait sans la réouverture du théâtre et a peur pour ses petits-enfants avec les trafiquants de drogue qui rôdent. Un docu parlant (qui se termine avant l'arrivée de Bolsonaro) sur la culture et le sort qu'on lui réserve dans un pays gangréné par la corruption.

Documentaire de Vincent Rimbaux et Patrizia Landi.

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