"Vagabon"

La première qualité de Vagabon, le second album de... Vagabon, est sa discrétion. Une denrée plutôt rare de nos jours, a fortiori dans un business musical où le volume de productions est devenu tel, et le nombre d'artistes émergents paradoxalement toujours plus important, qu'il faut souvent mul...

La première qualité de Vagabon, le second album de... Vagabon, est sa discrétion. Une denrée plutôt rare de nos jours, a fortiori dans un business musical où le volume de productions est devenu tel, et le nombre d'artistes émergents paradoxalement toujours plus important, qu'il faut souvent multiplier les effets pour réussir à se faire remarquer. Dans son cas, Laetitia Tamko s'échine à cultiver une sorte de retenue, à ce point juste qu'elle en devient... spectaculaire. Il y a deux ans, la musicienne-chanteuse avait déjà sorti un premier album indie-pop, Infinite Worlds, qui avait fait un beau bout de chemin. Née au Cameroun, arrivée à l'âge de treize ans à New York, Tamko avait bidouillé à l'époque quasi tout toute seule. C'est encore le cas ici. Dès Full Moon In Gemini, en ouverture, la jeune musicienne déballe une pop aussi sensible que personnelle (en toute fin de disque, le chanteur Monako reprend le titre pour lui donner une version masculine). Refusant les grands effets spectaculaires, Vagabon cultive une sorte d'intimité électro quasi folk ( In a Bind). Ici, chaque élément semble ainsi se déplier le plus naturellement du monde, comme sur Please Don't Leave the Table, comptine bercée par des cuivres galbés. Sur Home Soon, Vagabon se passe même de beat pour se lover dans des nappes de synthés et de cordes bienveillantes. Le genre d'album qui, sans rouler des mécaniques, vous permettra de passer plus facilement l'hiver.