En publiant au compte-gouttes depuis 2012 les romans de Don Carpenter (1931-1995), la petite maison d'édition Cambourakis répare une injustice flagrante. Les six romans traduits à ce jour (soit la moitié de son oeuvre) ont démontré l'étendue de son talent, sa férocité, son humour désenchanté et sa mélancolie vagabonde seyant aussi bien à la comédie de moeurs (le très cassavetesien Un dernier verre au bar sans nom), à la chronique fulgurante et enivrée d'une nuit brûlante inspirée par son passage douloureux comme scénariste à Hollywood ( Strass et paillettes: souvenir) qu'à la fresque sociale âpre et violente (le séminal Sale temps pour les braves ou ce nouveau Clair obscur, paru à l'ori...