Mai 68 a donné naissance à toute une génération de femmes bien décidées à ne plus se laisser dicter la loi par des gens peu recommandables. Madame Andreievna est de celles-là. N'ayant pu participer au fameux soulèvement parisien car née dans la Russie soviétique, elle n'en a pas moins développé un sens de la droiture que rien ni personne ne peut faire dévier. Ancienne prof dans un village de la campagne russe contemporaine, elle rend visite à son fils et à sa belle-fille, installés dans leur village natal, loin des tumultes de la capitale. Lui, époque oblige, aimerait créer un gîte pour citadins désirant se mettre au vert pour quelques jours. Malheureusement, une crapule locale compte profiter des nouveaux aménagements pour faire cracher au couple une taxe officieuse. La mère, prenant les devants, refuse catégoriquement et attise la colère du mafieux... Et c'est là que tout part en vrille. Iwan Lépingle décrit le combat d'un David naïf prêt à mourir dans son droit, confronté aux agissements illicites d'un Goliath au-dessus des lois. Il introduit une belle galerie de personnages secondaires qui densifie la trame d'un récit naviguant subtilement entre thriller, action et chronique sociale. L'auteur dépeint le pays en une ligne claire délicate noire et blanche rehaussée de couleurs jaune, orange et rouge évoquant une fin d'été quelque peu secouée.

D'Iwan Lépingle, éditions Sarbacane, 108 pages.

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