Ray Donovan - saison 1
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Ray Donovan - saison 1 SÉRIE SHOWTIME CRÉÉE PAR ANN BIDERMAN. AVEC LIEV SCHREIBER, PAULA MALCOMSON, JON VOIGHT. DIST: UNIVERSAL. 7 Ça commence fort. Comme un polar ensoleillé et sexy. Ray Donovan, père de famille beau gosse, dur et charismatique, est une espèce hybride de détective privé-homme à tout faire employé par un cabinet d'avocats, qui passe derrière les conneries de ses stars de clients. Quand un basketteur se réveille aux côtés d'une morte. Ou quand un acteur s'est fait filmer en train de soulager un transsexuel. Pas bon pour leurs carrières. Alors Ray nettoie, arrange tout et repart avec un regard réprobateur. Un peu comme Harvey Keitel dans Pulp Fiction. Et on se dit que c'est de la bonne télé de série B, qu'on va se farcir un ou deux cas juteux par épisodes, et qu'on s'en contentera largement. C'est gai parfois, la fiction à l'ancienne, avec ses codes gros comme des cadenas et ses héros si taiseux qu'ils évitent par là-même d'enchaîner les mauvais dialogues. Pourtant, rapidement, Ray Donovan prend la tangente et s'aventure sur les surfaces plus sablonneuses du drame familial musclé, avec les vieux secrets et tout ça. Le père de Ray, Mickey, vient en effet de sortir de prison après 20 années d'ombre provoquées... par son propre fils, qui l'a dénoncé pour des raisons que l'on ne dévoilera pas ici. Ce que l'on peut dire, en revanche, c'est que ces deux-là ne s'entendent qu'à moitié: Ray n'a aucune intention de laisser son paternel remettre son nez dans une famille qu'il a pourrie de l'intérieur. Et de fait, le retour de Mickey aura un sérieux impact sur la fratrie Donovan -un prof de boxe, un trentenaire en léger retard mental et un métis né d'une union bâtarde-, mais également sur le couple du détective, son épouse, avec qui il élève deux (pré-)adolescents, ne partageant pas la haine viscérale qu'il voue à son père. Ray et Mickey, qu'on se le dise, ne font qu'entamer une guéguerre à couteaux tirés, à la vie, à la mort... C'est à Ann Biderman, coscénariste de Public Enemies, que l'on doit cette histoire déviante, qui mélange avec un drôle de doseur une atmosphère cool à la Get Shorty et une ambiance plus white trash, façon The Fighter. On s'y perd, par moments, les rôles secondaires manquant régulièrement de jus et la trame n'étant pas toujours écrite à la serpe. Mais l'ensemble reste costaud, à placer dans les meilleures nouveautés d'une 2013 pas dingue à ce niveau. On le doit en grande partie à l'interprétation sans faille du vétéran Jon Voight (qui joue un Mickey libidineux, hâbleur, malsain et relativement dangereux) et de cette vieille connaissance de Liev Schreiber (Cotton Weary dans Scream), qui trimballe sa grande carcasse et son regard sombre avec un panache indéniable. Renouvelée pour une troisième saison, Ray Donovan fait ici l'objet d'un coffret Blu-Ray pour sa première volée d'épisodes. On y trouve quelques bonus assez ludiques, qui permettent d'entrer plus avant dans l'univers des personnages. GUY VERSTRAETEN