Tous pour tous
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Tous pour tous EXPOSITION COLLECTIVE, CENTRE CULTUREL LES CHIROUX, À LIÈGE. JUSQU'AU 21/10. 8 Derrière TempoColor se cache un collectif d'associations, belle illustration d'une entraide au carré. Les protagonistes en question? Le CNCD 11.11.11, le PAC Régional de Liège, les Jeunesses musicales de la Province de Liège, Annoncer la Couleur, ainsi que le Centre culturel de Liège Les Chiroux. Pas de méprise: leur action ne se limite pas au coup d'éclat que représentent les trois jours de ce festival urbain. Le collectif développe en effet des projets solidaires, notamment pour les publics scolaires, tout au long de l'année. Pour l'édition 2015 de TempoColor, le thème choisi était d'une pertinence particulièrement aiguë: la protection sociale. L'occasion de rappeler l'un de ses principes fondamentaux, celui selon lequel "la vie ne préserve personne de rien" et qu'il est "inopérant de se prémunir individuellement". Seuls les autres peuvent nous aider... Un constat difficile à accepter pour les individualistes forcenés que la grande loterie de l'existence a -temporairement- épargnés. Malheureusement pour lui, le principe de protection sociale souffre, à une époque gagnée par le besoin constant de spectacularisation, d'une absence évidente de glam. La protection sociale est avant tout "technique et juridique", elle rime avec formulaires, questionnaires, contrôles, tracas administratifs, mais aussi savants calculs de redistribution, enjeux fiscaux et budgétaires. Autant d'éléments qui provoquent l'amnésie et enterrent le coeur du problème sous la paperasse. Tous pour tous, l'expo qui survivra au festival jusqu'au 21 octobre, a pour ambition de changer ce regard en sollicitant une série d'artistes qui, comme l'explique Anne-Françoise Lesuisse, "mettent le doigt sur les crises, les révoltes, les menaces et les effets qui sont noués aux enjeux de la protection de tout un chacun et de la solidarité de chacun pour tout le monde". Le casting de ces artistes qui ont le collectif pour horizon? Il se pose là: Bill Balasksas, Winfried Baumann, Charley Case, Sean Hart, Mathieu Pernot, Libia Castro & Ólafur Ólafsson... D'emblée, on est bouleversé par les photos de Pernot. En 2009, l'artiste a signé des images de migrants dans leur sommeil, le corps caché par un tissu, un drap ou un sac de couchage. Autant d'individus cachés au regard du monde, tout un symbole à l'heure où tant de gens ne voudraient plus les voir, dont les formes de "gisants" s'inscrivent de manière troublante dans la tradition du "drapé" qui traverse l'Histoire de l'art. Egalement remarquable est le travail de Baumann, qui conçoit "des dispositifs qui offrent des solutions aux personnes sans domicile fixe". Ingénieuses, ces créations ont un pied dans l'art, un autre dans le design, et une main dans l'activisme. Bien sûr, elles ne sont pas dupes, mais conscientes de n'être que des sparadraps posés sur une plaie dont elles ne remontent pas à la source. Le Belge Charley Case présente, lui, une série d'images sur le rassemblement du 18 juin 1999, à Londres, point de départ d'une vague de manifestations qui, jusqu'en 2003, vont perturber les grandes réunions planétaires du capitalisme. Avec "Carnaval contre Capital" comme slogan potentiel, ces images rendent compte d'un monde qui n'a pas fini de trembler sur ses bases et interrogent la possibilité d'une résistance. WWW.TEMPOCOLOR.BE ET WWW.CHIROUX.BE MICHEL VERLINDEN