Certains se sont filmés en train de brûler son maillot. "Enfoiré de traître!", "Mr Kaepernick, si vous n'aimez pas ce pays, foutez le camp!", "N'aimeriez-vous pas voir un propriétaire de la NFL dire à propos d'un joueur qui dénigre le drapeau: sortez-moi ce fils de pute du terrain. Il est viré!", va jusqu'à hurler en meeting Donald Trump... Coupe de cheveux et carrure à la Marouane Fellaini, Colin Kaepernick est le quaterback des San Francisco 49ers quand à l'été 2016, il décide de poser un genou à terre pendant l'hymne américain pour dénoncer le racisme dans son pays et les violences policières contre les minorités. Devant les micros et les caméras, le joueur d'habitude peu loquace et piètre communicant appelle au changement. Le scandale éclate. Conspué, menacé de mort, blacklisté au sein de la Fédération de football américain (la Ligue la plus puissante du monde), ce métis donné à l'adoption pointe du doigt les inégalités et se sert de sa notoriété pour interpeler la société. Si beaucoup voient en lui une incarnation du mal et de l'antipatriotisme, Kaepernick est imité par d'autres joueurs, une fanfare universitaire, Stevie Wonder, Pharrell Williams... Le portrait somme toute classique de ce héros des temps modernes (il s'est même retrouvé dans South Park) vient se glisser dans une soirée dédiée à Nelson Mandela.

Documentaire d'Annebeth Jacobsen

et Jobst Knigge.

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