Paris, septembre 2012. Thonon, imper discret de cadre mûr -il est né en 1959-, slalome entre les fameuses colonnes bichromes de Buren. La lumière tombe sur le Palais-Royal, écrin de réussite parisienne métabolisée par ses propres atours. La scène irait bien à un film "Rive Droite" où les héros logent dans le XVIe sous les auspices de Jean Nouvel ou de meubles à particules. Triomphe des apparences, errances des réussites, rien n'est jamais aussi simple, même pour un type devenu riche -ou tout au moins qui l'a été- avec les presque trois millions de copies vendues du premier Louise Attaque. Là, Thonon, à la sortie du bureau d'Atmos-phériques, marche vers le métro pour se rendre à un dîner tardif de la SACEM. Au feu rouge, il lance ses derniers mots de la soirée: " Je ne me suis pas payé pendant deux ans. C'est un métier difficile (un peu de silence passe) . Je pense franchement que dans cinq ans, la distribution physique des disques sera sur Amazon et dans quelques hypermarchés. Difficile de dire où en sera Atmosphériques, tu sais comme moi que cette époque ne livre plus rien de sûr." Et tel un personnage de Truffaut qui aimerait trop les disques, même en version digitale, Thonon fond ses humeurs dans les feux de bagnole vers un autre meeting d'affaires. Il est 21 heures.
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