Responsable de la réputation de Nintendo, Zelda ne s'offre que très rarement des vacances déviant de sa routine action adventure. En 2007, Link's Crossbow Training transformait la télécommande de la Wii en arc à flèche. Trois ans plus tôt, Four Swords Adventures se pratiquait en mode multijoueur sur Game Boy Advance et GameCube. Adoptant le style méconnu (et obscur pour beaucoup) des musô, Hyrule Warriors: L'Ère du fléau se profile également comme un pas de côté occasionnel. Un petit événement et sans doute un coup opportuniste pour Nintendo.
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Responsable de la réputation de Nintendo, Zelda ne s'offre que très rarement des vacances déviant de sa routine action adventure. En 2007, Link's Crossbow Training transformait la télécommande de la Wii en arc à flèche. Trois ans plus tôt, Four Swords Adventures se pratiquait en mode multijoueur sur Game Boy Advance et GameCube. Adoptant le style méconnu (et obscur pour beaucoup) des musô, Hyrule Warriors: L'Ère du fléau se profile également comme un pas de côté occasionnel. Un petit événement et sans doute un coup opportuniste pour Nintendo. Proches des hack & slash, les musô jettent le joueur dans des champs de bataille épiques. Les adversaires s'y fauchent par centaines. Faites entrer la moissonneuse batteuse! Inaugurée par Dynasty Warriors puis recyclée avec diverses fortunes par One Piece et Dragon Quest, la formule teintée de stratégie donne l'impression d'une conclusion en baston générale. Nintendo y a déjà un peu touché puisque sa saga des Fire Emblem appliquait cette formule sur Warriors il y a trois ans. Le jeu médiéval fantastique y injectait ainsi son ADN stratégique et tactique pour mentaliser les musô. Pas de quoi, toutefois, laisser un souvenir impérissable. Hyrule Warriors: L'Ère du fléau reprend à son tour le gimmick des musô en capitalisant sur le (beau) moteur graphique de The Legend of Zelda: Breath of the Wild. L'impression de jouer à un mod du jeu d'action aventure -désormais culte- de Nintendo y est donc réelle. Déjà vu il y a trois ans sur Hyrule Warriors (sur WiiU), ce gameplay se traduit dans les faits par une furieuse passion pour les combats. Les subtilités offensives de la vingtaine de héros à prendre en main ne manquent pas. Outre le personnage de Link, Impa, une jeune magicienne, se dédouble ainsi en armée de clones luminescents. Revali aligne, lui, des coups aériens et tend son arc à flèche tandis que les gros points de Daruk détournent les attaques. Coups faibles et puissants. Esquive et contre-attaque. Sorts magiques spectaculaires. La grammaire de la baston s'épanouit pleinement dans l'univers de Zelda. Par exemple, pour éliminer trois factions dispersées dans un temps limite, la carte en place permet également de solliciter un coéquipier éloigné pour qu'il attaque une position. Ces efforts de diversité n'effacent, hélas pas, une impression de répétition. Je tape et je zappe. D'autant que le pitch du jeu n'est pas à la hauteur de celui de Breath of the Wild. Royaume en danger, princesse et robot voyageant dans le temps (coucou R2D2!), l'histoire précède BOTW d'un siècle sans hypnotiser. Récolter des ressources, les cuisiner, changer ses armes (parmi des centaines aux capacités marquées)... Les fans de la saga évolueront, avec sourire, en terrain connu pour améliorer leurs unités. Les autres passeront sans doute leur chemin. Car Hyrule Warriors: L'Ère du Fléau ne semble s'adresser qu'à eux.