Doris Day et Rock Hudson devaient composer, au tournant des années 50 et 60, un couple de cinéma idéal le temps de trois comédies pétillantes, Confidences sur l'oreiller, Un pyjama pour deux et Ne m'envoyez pas de fleurs. Soit, objet aujourd'hui d'un coffret chez Elephant Films, une trilogie romantique qui, non contente de tirer un parti savoureux de l'attraction des contraires, offrirait de l'Amérique de l'époque une vision à la fois fantasmée et acidulée, (se) jouant avec humour des codes pudiques en vigueur à Hollywood.
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Doris Day et Rock Hudson devaient composer, au tournant des années 50 et 60, un couple de cinéma idéal le temps de trois comédies pétillantes, Confidences sur l'oreiller, Un pyjama pour deux et Ne m'envoyez pas de fleurs. Soit, objet aujourd'hui d'un coffret chez Elephant Films, une trilogie romantique qui, non contente de tirer un parti savoureux de l'attraction des contraires, offrirait de l'Amérique de l'époque une vision à la fois fantasmée et acidulée, (se) jouant avec humour des codes pudiques en vigueur à Hollywood. Des trois films, le premier, Confidences sur l'oreiller (1959), de Michael Gordon, est sans conteste le plus réussi qui, en plus d'établir la dynamique du duo, s'aventure avec bonheur et audace sur le terrain de la représentation du sexe à l'écran, contournant la censure à grand renfort de dialogues à double sens mais aussi à l'aide d'un usage particulièrement ingénieux du split screen (la scène du bain, en particulier, est restée célèbre). C'est là l'histoire de Jan Morrow (Doris Day), une femme indépendante, décoratrice d'intérieur new-yorkaise devant, à son vif mécontentement, partager sa ligne téléphonique avec Brad Allen (Rock Hudson), un compositeur doublé d'un séducteur patenté n'en finissant plus de baratiner ses conquêtes. À partir de quoi, le scénario (oscarisé) multiplie avec brio les acrobaties jusqu'au dénouement attendu, le film, porté par un tempo sans faille et l'alchimie de ses deux comédiens (épaulés notamment par l'épatant Tony Randall, inamovible second rôle de la trilogie), se révélant tout simplement irrésistible. On retrouve le duo deux ans plus tard dans Un pyjama pour deux, de Delbert Mann, sous les traits de Carol Templeton et Jerry Webster, deux publicitaires travaillant pour des agences concurrentes, elle, une jeune femme ambitieuse et viscéralement honnête, lui, un noceur fumiste et sans scrupules. Revisitant la guerre des sexes, la rencontre fait, là encore, des étincelles, comédie sophistiquée dont le charme est relevé d'un portrait acide du milieu de la pub qui, pour le coup, vend littéralement du vent. Enfin, Ne m'envoyez pas de fleurs (1964) nous les montre en couple marié voué à une existence banlieusarde sans autre histoire que les ragots incessants, jusqu'au jour où, insupportable hypocondriaque, il se croit à l'article de la mort, se piquant dans la foulée de trouver un nouveau mari à sa future veuve. De quoi inspirer à Norman Jewison une comédie à la frivolité délectable. Outre les "affres" sentimentales, souvent fort drôles, dans lesquelles se débat le couple Doris Day-Rock Hudson, ce que racontent ces trois films débordant de charme, de fantaisie et d'esprit, c'est le monde tel que l'idéalisait Hollywood. L'on s'y replonge avec un plaisir toujours renouvelé.