The Saxophones "Songs of the Saxophones"

Si les albums de rupture sont légion dans l'Histoire, la musique peut parfois aussi fêter l'amour marital et la vie à deux. Se conjuguer en couple et marcher à la symbiose. Jadis projet solo du multi-instrumentiste et songwriter Alexi Erenkov, The Saxophones est aujourd'hui aussi celui de son épouse la percussionniste Alison Alderdice... "L'amour est le facteur déterminant lorsque vous choisissez les membres de votre groupe." "J'aurais été dévasté de partir en tournée sans elle." Les déclarations d'Erenko...

Si les albums de rupture sont légion dans l'Histoire, la musique peut parfois aussi fêter l'amour marital et la vie à deux. Se conjuguer en couple et marcher à la symbiose. Jadis projet solo du multi-instrumentiste et songwriter Alexi Erenkov, The Saxophones est aujourd'hui aussi celui de son épouse la percussionniste Alison Alderdice... "L'amour est le facteur déterminant lorsque vous choisissez les membres de votre groupe." "J'aurais été dévasté de partir en tournée sans elle." Les déclarations d'Erenkov scintillent la passion et l'amour fusionnel. Méditation et réflexion sur la relation, le désapprentissage des comportements sociaux et le rapport entre les tourtereaux, Songs of the Saxophones a la classe romantique et fleure le questionnement existentiel. Composées dans la baie de San Francisco, sur le bateau qu'occupait le couple durant un hiver humide et maussade et dans un gîte à Point Reyes, puis enregistrées en dix jours dans un studio de Portland en compagnie de leur comparse Richard Laws (basse, vibraphone), les dix pépites minimalistes et ciselées de ce premier album n'évoquent que des références flatteuses. Les Saxophones disent puiser leur inspiration dans l'exotica et la musique hawaïenne des années 50 (Edhen Ahbez, Buddy Fo et Martin Denny), chez l'Italien Vittorio Impiglia et dans le jazz de la côte Ouest (Alexi a étudié la musique à l'université). Son univers rappelle celui des Tindersticks, de Leonard Cohen et de Timber Timbre... Alison se charge des percussions. Alexi joue de la guitare, du saxophone, de la flûte et du synthé. Les deux chantent. Surtout lui. Avec un timbre à la Stuart Staples et un écrin qui plairait sans doute à la cinéaste Claire Denis. C'est l'un des grands atouts de ce disque: cette voix grave et douce à la fois, ce petit trémolo calme et ténébreux posé sur des mélodies souvent squelettiques et toujours délicates. On pense à un Chris Isaak qui n'aurait pas connu les coeurs brisés. À un Devendra Banhart qui interpréterait des chansons d'amour sur des musiques d'Angelo Badalamenti (le metteur en son de David Lynch)... Les deux lovers ont recherché l'énergie première. Celle d'avant le cynisme et la posture. Peut-être deviendront-ils les nouveaux héros des couples en goguette (la France semble sous le charme)? Ils évitent en tout cas les affres de la mièvrerie. Les Saxophones allient la beauté et la simplicité quelque part entre spleen et plénitude. Jeunes parents, ils devraient passer par chez nous d'ici la fin de l'année.