"I can feel you creep into my private life"

Les premières notes du quatrième Tune-Yards sonnent quasiment comme du Radiohead. On l'a toujours connue bancale. Fraîche. Généralement ensoleillée. I can feel you creep into my private li...

Les premières notes du quatrième Tune-Yards sonnent quasiment comme du Radiohead. On l'a toujours connue bancale. Fraîche. Généralement ensoleillée. I can feel you creep into my private life dévoile une Merrill Garbus plus sombre, mûre et moins brouillonne. L'Américaine, qui a produit la bête avec son compagnon Nate Brenner, a gardé quelques doigts de pieds en Afrique et conservé son sens des couleurs et du métissage. Mais moins jouette et naïf, plus direct, adulte même quelque part, ce disque -dont la pochette rappellera aux francophones le logo de la campagne "Touche pas à mon pote" lancée au milieu des années 80 par SOS Racisme- semble celui de la maturité. Un album solide et cohérent, au discours nécessaire, tiré par ses morceaux les plus enlevés et dansants. L'éclaireur Heart Attack, le frétillant ABC 123, le pop, bariolé et obsédant Private Life ou encore le clubber Colonizer. Nouvelles frontières.