" Je n'étais plus dans un accouchement, c'était une scène de massacre." Face caméra, trois femmes racontent les douleurs et les humiliations subies lors de l'accouchement: épisiotomies forcées ou mécaniquement effectuées, palpation intrusive qui font immédiatement songer au viol... Ces femmes ont été dépossédées de leur expérience, de leurs émotions, déshumanisées par un acte chirurgical devenu procédurier, aveugle à la douleur et la solitude infligées. Depuis plus d'une dizaine d'années, des voix se lèvent un peu partout en Europe -et ailleurs- pour dénoncer des actes médicaux inutiles voire dommageables durant l'accouchement: utilisation de spatules, de forceps ou de ventouse, recours systématiques à l'épisiotomie... et ce malgré que les lois exigent le consentement explicite des premières intéressées, les femmes. La réalisatrice Ovidie (déjà derrière le brillant Là où les putains n'existent pas) s'empare de ce sujet douloureux et réalise une enquête minutieuse, plongeant aux sources du problème: historique de la gynécologie, rôle accru de l'hôpital dans cette violence systémique vécue mais niée par la profession. "Entre sexualité et notion de consentement, l'accouchement se situe au carrefour des revendications de réappropriation du corps féminin", raconte l'ex-star du X en voix off, résumant les enjeux d'une situation dont le politique s'est emparé fort opportunément. Témoignages bruts, interviews tendues avec le corps médical, micro ouvert aux sages-femmes, ce documentaire poignant, inspiré, est un cri d'alarme.

Documentaire d'Ovidie.

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