La chance de Lewis Trondheim est d'être Lewis Trondheim, soit une source inépuisable de phobies, névroses et autres petits tracas. Et pour notre plus grande joie, l'auteur a choisi comme thérapie de nous les faire partager. Voilà plus d'un quart de siècle main...

La chance de Lewis Trondheim est d'être Lewis Trondheim, soit une source inépuisable de phobies, névroses et autres petits tracas. Et pour notre plus grande joie, l'auteur a choisi comme thérapie de nous les faire partager. Voilà plus d'un quart de siècle maintenant qu'il les distille de manière plus ou moins assumée ou déguisée. Il avait commencé avec Approximate Continuum Comics, sous forme d'un long récit autobiographique paru chez Cornélius, et poursuivi avec quatre Carnet de bord édités à L'Association. Il reprend ses introspections chez Delcourt, pour lequel il assure par ailleurs le rôle de (très bon) directeur de collection. Paraît donc le huitième tome des Petits Riens de Lewis Trondheim. Il choisit la formule simple et efficace: une planche, un gag. En plus d'étaler ses problèmes, il répand également la bonne parole sous forme de philosophie de vie, ou fait part de ses réflexions sardoniques quant à la marche du monde, et il se moque bien entendu de lui-même. C'est toujours drôle, souvent de mauvaise foi et parfois très juste. Son dessin immuable et reconnaissable entre tous se complexifie et les touches de couleur directe réalisées à l'aquarelle prouvent qu'il manie également très bien le pinceau. Que dure la thérapie!