Découverte en 2013, la première saison de Top of the Lake, la série créée par Jane Campion et Gerard Lee, avait produit l'effet d'une onde de choc. Quatre ans plus tard, China Girl délaisse la nature sauvage et le lac haut-perché de Nouvelle-Zélande qui servaient de décor envoûtant à la livraison initiale pour le cadre urbain assurément plus...

Découverte en 2013, la première saison de Top of the Lake, la série créée par Jane Campion et Gerard Lee, avait produit l'effet d'une onde de choc. Quatre ans plus tard, China Girl délaisse la nature sauvage et le lac haut-perché de Nouvelle-Zélande qui servaient de décor envoûtant à la livraison initiale pour le cadre urbain assurément plus conventionnel de Sydney. Le thriller qui s'y déploie navigue cependant dans de mêmes eaux, sombres et tourmentées, sur les pas de l'inspectrice Robin Griffin (Elisabeth Moss), reprenant du service dans la métropole australienne. Et qui, après que l'océan a recraché le cadavre d'une jeune Asiatique sur la plage de Bondi, va être happée par une enquête exposant sa vulnérabilité, hantée qu'elle est par le souvenir de sa fille, abandonnée à sa naissance, 17 ans plus tôt. Jane Campion explique, dans les bonus, avoir envisagé les deux saisons "comme des romans", et donc de façon autonome. Différente, cette seconde levée, qu'elle coréalise avec Ariel Kleiman, s'inscrit cependant dans la continuité de la première: distribution d'exception (l'impeccable Elisabeth Moss étant rejointe par Gwendoline Christie et Nicole Kidman), mise en scène virtuose, notamment dans son appréhension de l'espace, scénario inextricable, rythme sinueux, part d'étrangeté et noirceur assumée. Sans oublier une fibre toute féministe se déployant tandis que les six épisodes explorent les figures de la maternité. En mode intranquille s'entend, et conformément en cela à la tonalité d'ensemble d'une série s'avançant en terrain mouvant de la plus addictive des manières...