Les premiers 78 tours, il y a plus d'un siècle, ne font pas de grands frais d'emballage: généralement, une simple feuille de papier cartonné annonce plutôt le label que l'artiste. Fin des années 40, le format LP intronise peu à peu l'objet pochette comme représentation iconique, volontiers sublimée, du disque concerné. La richesse et la créativité visuelle comptent désormais, parfois autant que la musique, dans l'attractivité du produit. D'où des apparitions esthétiquement soignées: le double Odessa en volume cartonné rougeoyant des Bee Gees, mars 1969, ou encore le triple solo, nouveauté pour l'époque, de George Harrison, All Things Must Pass, novembre 1970. L'ex-Beatles récidive d'ailleurs fin de l'année suivante avec les trois disques de The Concert for Bangladesh, dans un élégant box orangé. Il faut attendre les eighties pour que les compagnies de disques saisissent la potentielle rentabilité des intégrales et se mettent à emballer les carrières discographiques. Avec quelques exceptions hors biographie musicale de stars, comme le Metal Box de PIL, fin 1979, onéreux et encombrant dans son improbable boîte de film. Curieusement, c'est l'avènement du CD, petite chose synthétique aux micro-pochettes frustrante...

Les premiers 78 tours, il y a plus d'un siècle, ne font pas de grands frais d'emballage: généralement, une simple feuille de papier cartonné annonce plutôt le label que l'artiste. Fin des années 40, le format LP intronise peu à peu l'objet pochette comme représentation iconique, volontiers sublimée, du disque concerné. La richesse et la créativité visuelle comptent désormais, parfois autant que la musique, dans l'attractivité du produit. D'où des apparitions esthétiquement soignées: le double Odessa en volume cartonné rougeoyant des Bee Gees, mars 1969, ou encore le triple solo, nouveauté pour l'époque, de George Harrison, All Things Must Pass, novembre 1970. L'ex-Beatles récidive d'ailleurs fin de l'année suivante avec les trois disques de The Concert for Bangladesh, dans un élégant box orangé. Il faut attendre les eighties pour que les compagnies de disques saisissent la potentielle rentabilité des intégrales et se mettent à emballer les carrières discographiques. Avec quelques exceptions hors biographie musicale de stars, comme le Metal Box de PIL, fin 1979, onéreux et encombrant dans son improbable boîte de film. Curieusement, c'est l'avènement du CD, petite chose synthétique aux micro-pochettes frustrantes, qui accélère le processus de l'inventivité conceptuelle et du design. Et fabrique, surtout au XXIe siècle, la conception de boxs 3D plus ou moins loufoques, intéressants, classes, tarabiscotés ou non. Offrant inédits, commentaires, photographies, notes et brols divers. Genre reproductions de passe backstage ou programme de tournée. Développant souvent l'emballage d'après une chanson de l'artiste concerné, ou un élément incarnant son parcours, comme la compilation Motown dont il est aussi question dans ces pages. à moins que l'objet, de préférence vendu à un prix élevé, ne recycle une ancienne idée et ne se décline dans d'improbables artefacts à tirage limité. Les Who et leurs haricots.