" Quand j'étais tout petit, mon père m'a dit que le pire fléau du monde, c'était la peur." Peur sur la ville: c'est la grande affaire de ce film d'animation brésilien présenté en compétition à Annecy il y a deux ans. Soit l'histoire d'une mystérieuse épidémie qui transforme les gens en pierre...

" Quand j'étais tout petit, mon père m'a dit que le pire fléau du monde, c'était la peur." Peur sur la ville: c'est la grande affaire de ce film d'animation brésilien présenté en compétition à Annecy il y a deux ans. Soit l'histoire d'une mystérieuse épidémie qui transforme les gens en pierres et ouvre grand la porte aux dérives autoritaristes. Brigade anti-panique, distanciation obsessionnelle, surveillance et défiance généralisée... Cette fable engagée qui traite par le prisme de l'imaginaire de l'inquiétante situation socio-politique du Brésil de 2018 fait aussi étrangement penser au marasme hébété d'une certaine Belgique de 2020. Ouvertement influencée par l'expressionnisme allemand, l'esthétique du film, géométrique et déformée, traduit limpidement en images le sentiment de confusion noire qui habite ses protagonistes. Techniquement, la peinture à l'huile, couplée à de subtils ajouts numériques, autorise une grande liberté de narration, forcément très graphique, et contribue à la belle réussite d'aventures par ailleurs menées tambour battant. Empruntant encore au film de zombies sa logique de contamination, Tito et les oiseaux vibre d'une fibre humaniste, en appelant à l'entraide et la solidarité face à la bêtise crasse de l'aveuglement individualiste et libéral. À voir dès 8 ans.