"Freya"

Si Freya est le septième album qu'enregistre depuis 2003, et ses débuts discographiques, la saxophoniste hollandaise, il se trouve aussi être le premier qu'elle publie depuis six ans. À l'écoute de ce nouvel opus, cette longue parenthèse...

Si Freya est le septième album qu'enregistre depuis 2003, et ses débuts discographiques, la saxophoniste hollandaise, il se trouve aussi être le premier qu'elle publie depuis six ans. À l'écoute de ce nouvel opus, cette longue parenthèse semble n'avoir heureusement eu aucune incidence sur la capacité de Tineke Postma à délivrer le meilleur. Entourée d'un quartette de qualité (Ralph Alessi, trompette, Matt Brewer, contrebasse, Dan Weiss, batterie), la jeune femme s'est aussi adjointe, pour quelques plages, la pianiste Kris Davis, qui n'a pas manqué d'entraîner (c'était le but recherché) Tina vers un univers qui lui était étranger. Même si elle garde encore un pied dans le mainstream, l'altiste -qui, de son propre aveu, avait été bouleversée au North Sea Jazz Festival en 2015 par le concert réunissant le batteur Jack DeJohnette, le pianiste Muhal Richard Abrams, les saxophonistes Roscoe Mitchell et Henry Threadgill- cherche à s'ouvrir, ici, à d'autres sensations musicales plus radicales. S'il subsiste toujours chez elle un soupçon de retenue, Tineke Postma nous propose, avec cet album, tout simplement son oeuvre la plus ambitieuse à ce jour.