De Kenny Ortega. 1 h 50. Dist: Sony.
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De Kenny Ortega. 1 h 50. Dist: Sony. Il n'y avait rien à espérer de This is it. Film documentaire monté à la hâte dans la foulée de la mort de Michael Jackson, le 25 juin dernier, l'entreprise ressemblait surtout à un magnifique coup commercial. Constitué d'images des répétitions de ce qui devait être l'ultime série de concerts de Jackson, à Londres, This is it s'annonçait d'abord comme une manière opportuniste d'exploiter l'héritage artistique du king of pop. Et cela au plus fort de la vague d'émotion qui a suivi son décès. Dans la foulée, certains fans et membres de la famille Jackson mettaient d'ailleurs eux-mêmes en doute les bonnes intentions du projet. This is it a malgré tout abouti, Sony allongeant quelque 60 millions de dollars pour pouvoir exploiter les images des répétitions. Nul doute que la mise a été depuis longtemps récupérée: le film a fait un carton en salle, devenant le documentaire et le film de concert le plus rentable de l'histoire. Des raisons de se méfier, on en a encore tout au long des premières minutes du (long) film. Interviews forcément délirantes des danseurs sélectionnés pour accompagner Jackson, premières séquences de répétitions limitées à quelques mêmes plans... Plus d'une centaine d'heures ont été pourtant récoltées. Seulement voilà: jamais celles-ci n'avaient été apparemment tournées dans l'optique d'un futur documentaire. Le matériel est donc brut. Et, paradoxalement, c'est ce qui va faire toute la force de This is it: sa "pauvreté". Certains fans ont dénoncé le film en clamant que Michael Jackson, éternel perfectionniste, n'aurait jamais permis que sortent au grand jour des images qui montrent l'envers du décor. C'est pourtant cela qui rend This is it fascinant. On y voit un artiste enfin débarrassé d'inutiles artifices kitsch. De par sa construction même, le film est ainsi condamné à se concentrer sur ce qui fait l'essence de Jackson, et, oui, son génie. Il faut le voir danser et chanter avec une facilité et une aisance surnaturelles, sur la scène du Staples Center et du Forum de Los Angeles. Performer incomparable, Jackson rappelle ici pourquoi et comment il a pu éblouir à ce point autant de monde. Mieux encore: on en arrive presque à oublier le personnage de freak complet, abonné depuis longtemps aux dérapages médiatiques. Ceux qui espèrent en savoir un peu plus sur Jacko the wacko seront donc déçus par This Is It, film à cet égard "ennuyeux" avec son huis clos et ses sé-quences répétitives. Il n'est pas question ici de gommer les zones d'ombre de Michael Jackson. Pas plus qu'il ne s'agit d'en rajouter une couche en plus dans sa légende: les bonus du DVD, construits autour d'interviews des principaux acteurs de la tournée (producteurs, techniciens, musiciens...), s'en chargent, souvent jusqu'à l'éc£urement. Il s'agit juste ici de retrouver le musicien dans ce qui semble être in fine son biotope le plus naturel: la scène. On n'en espérait pas tant... Lire également notre dossier en pages 18-19. Laurent Hoebrechts