Né à La Nouvelle-Orléans, Durand Jones a commencé sa "carrière" à l'église. Forcé par sa grand-mère à donner de la voix dans la chorale baptiste d'une petite ville rurale de Louisiane. Fatiguée qu'elle était de l'entendre chanter à la maison. "This is what God is telling me to do. Move and groove. So I'm gonna stay in my lane", dit aujourd'hui le chanteur afro-américain qui n'imaginait jamais gagner sa croûte avec la musique quand il écoutait, gamin introverti, Devotion d'Earth Wind and Fire dans le camion de son paternel dansant en zigzag sur les routes de campagne.
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Né à La Nouvelle-Orléans, Durand Jones a commencé sa "carrière" à l'église. Forcé par sa grand-mère à donner de la voix dans la chorale baptiste d'une petite ville rurale de Louisiane. Fatiguée qu'elle était de l'entendre chanter à la maison. "This is what God is telling me to do. Move and groove. So I'm gonna stay in my lane", dit aujourd'hui le chanteur afro-américain qui n'imaginait jamais gagner sa croûte avec la musique quand il écoutait, gamin introverti, Devotion d'Earth Wind and Fire dans le camion de son paternel dansant en zigzag sur les routes de campagne. Son premier album avait été enregistré dans les studios de l'université d'Indiana, à Bloomington, pour un budget riquiqui de 452 dollars et 11 cents. American Love Call a été mis en boîte l'été dernier à Brooklyn, au Studio G. Des murs par lesquels sont passés, entre autres, War On Drugs, Bonobo et Talib Kweli... American Love Call est un clin d'oeil à Creole Love Call, un standard jazz de 1927 popularisé par Duke Ellington. Mais c'est bien de soul, de soul vintage, dont il est question ici. Durand Jones & The Indications pourrait être la nouvelle trouvaille du label Daptone. Un descendant des regrettés Sharon Jones et Charles Bradley. Morning in America, le titre d'ouverture de l'album, fait d'ailleurs furieusement penser au Screaming Eagle of Soul. Il y a cependant aussi ici l'influence de tous les mythiques et glorieux aînés: Sam Cooke, Curtis Mayfield, Marvin Gaye, Otis Redding... Élevé à Hillaryville, un patelin de 750 habitants, sur les bords du Mississippi, Jones a plus d'une corde à son arc. Il est saxophoniste (encore un coup de sa grand-mère), a décroché un bachelier en art à la Southeastern Louisiana University et a terminé son cursus à la Jacobs School of Music. L'IU (Indiana University) Soul Revue l'amènera à rencontrer le batteur (et chanteur) Aaron Frazer et le guitariste Blake Rhein qui, à ses heures perdues, est archiviste pour le hautement recommandable label de réédition Numéro Group. Complété par le bassiste Kyle Houpt et l'organiste Justin Hubler, Durand Jones & The Indications fait dans la soul de lover... Celle à glisser sur la platine pour s'assurer une nuit torride ou à demander au DJ quand est venu le moment d'emballer. L'amour et la fureur, les haines et les heurts... Ce disque est une plongée fiévreuse dans le quotidien de la société américaine. Il met en exergue le danger de simplifier et de romancer le passé. Synonyme pour beaucoup de violence, de douleur, d'oppression, de colonialisme et de peur. Et insiste sur la convergence des luttes. Peu de jeunes projets apparus dans le genre ces dernières années, à part, peut-être, en plus rock un Alabama Shakes, peuvent se targuer d'avoir capturé le passé pour ainsi le confronter au présent. Make America great again...