À 48 ans et 20 ans de métier, Thierry Smits a signé plus d'une vingtaine de chorégraphies grand format ou versions courtes, solos ou duos. A contre-courant du "mainstream" et des "stars" de sa génération (ATDK, Fabre, Vandekeybus, Lauwers), Thierry Smits a été boudé par la Flandre - "Je n'ai apparemment rien à apporter à la danse contemporaine en Flandre"-, mais soutenu par un contrat programme de la Communauté française. Ses chorégraphies ont touché et fidélisé un large public: Corps(e), Cyberchrist, Red Rubers Balls, Pin Up, ...

À 48 ans et 20 ans de métier, Thierry Smits a signé plus d'une vingtaine de chorégraphies grand format ou versions courtes, solos ou duos. A contre-courant du "mainstream" et des "stars" de sa génération (ATDK, Fabre, Vandekeybus, Lauwers), Thierry Smits a été boudé par la Flandre - "Je n'ai apparemment rien à apporter à la danse contemporaine en Flandre"-, mais soutenu par un contrat programme de la Communauté française. Ses chorégraphies ont touché et fidélisé un large public: Corps(e), Cyberchrist, Red Rubers Balls, Pin Up, Richard of York Gave Battle In Vain, Dionysos' Last Day / Stigma... Chez lui, le corps est au centre d'une exploration où l'érotisme varié (homo, transgenre, voire SM) croise la mort dans une esthétique "camp", pop, baroque. Ses chorégraphies sont sensuelles, ultra visuelles et d'une grande exigence technique. Né d'un père flamand mineur dans le Limbourg et d'une mère franco-bruxelloise fille d'avocat, il commence la danse classique à 7 ans, à l'académie de son patelin. A 19 ans, pas encore prêt pour l'école Mudra de Béjart, il suit des cours privés et traîne dans les milieux alternatifs de la capitale, s'exile à Paris, découvre les chorégraphies de Régine Chopinot, Philipe Decouflé, Michael Clark et plonge allègrement dans l'effervescence artistique gay (Boy George, Klaus Nomi,...) au pire moment des ravages du sida. Il devient séropositif et rentre en Belgique. Après un passage à Mudra, il est engagé dans la compagnie de Frédéric Flamand, au Plan K, puis rencontre Antoine Pickels, performeur "underground" qui devient son compagnon et son dramaturge. Ils fondent, avec d'autres, Act Up Belgique, association de lutte contre le sida. En 1990, il danse sa première chorégraphie, La grâce du tombeur, sur le mythe d'Icare, début d'une £uvre audacieuse sur le corps jouissant et sa disparition, qui mixe l'exigence d'une danse "classique" à la culture populaire. En 2005, il crée D'Orient un tube sensuel qui le mène sur la scène internationale. Et aussi To the Ones I Love, pour les 20 ans de sa compagnie Thor: "C'est un spectacle programmé pour le succès parce que 9 beaux mecs sur scène, noirs de surcroît, ça parle au grand public. Tu les contrastes dans une scénographie blanche, avec une musique retravaillée de Bach, dans de la danse pure. Je reçois des subventions publiques, je peux faire de temps en temps l'effort d'une £uvre abordable, séduisante. " Actuellement engagé par le Ballet d'Alger pour créer une chorégraphie contemporaine avec des danseurs formés au hip hop et aux danses traditionnelles, il prépare sa prochaine aventure: Clears tears/Troubled Water (pour 2013). " Une chorégraphie sur la "nostalgie", un ressenti d'époque qui glisse sous nos pieds. Je choisirai des jeunes qui maîtrisent la technicité de la danse, le ballet classique et plus. " Loin de la "non-danse", un courant chorégraphique contemporain qu'il juge insupportable: "C'est quand tous les danseurs sont devenus fatigués de danser que la "non-danse" est apparue. " Sur ce point comme sur le reste, il ne transige pas: sans mouvement, pas de danse. l u TO THE ONES I LOVE, DU 13 AU 22/12 AU THÉÂTRE VARIA À BRUXELLES. WWW.VARIA.BE NURTEN AKA