"Les Liaisons dangereuses 1960"

Duke Jordan et les Jazz Messengers d'Art Blakey ne sont pas, à l'origine, les musiciens pressentis pour écrire et interpréter la musique du film Les Liaisons dangereuses (1960). Le producteur Marcel Romano, devenu incontournable en ce qui concerne jazz et cinéma depuis Miles ...

Duke Jordan et les Jazz Messengers d'Art Blakey ne sont pas, à l'origine, les musiciens pressentis pour écrire et interpréter la musique du film Les Liaisons dangereuses (1960). Le producteur Marcel Romano, devenu incontournable en ce qui concerne jazz et cinéma depuis Miles et Ascenseur pour l'échafaud, avait à l'origine proposé Thelonious Monk à Roger Vadim, enthousiaste, pour la composer. Mais, arrivé aux États-Unis, les choses se révèlent plus compliquées que prévu: dépressif, le pianiste n'est pas en état d'écrire une partition originale. Lorsqu'il finit par accepter, ce seront (à l'exception de deux titres)ses compositions canoniques que Monk va enregistrer en compagnie de Sam Jones (basse), Art Taylor (batterie), des saxophonistes (ténor) Charlie Rouse et Barney Wilen, mais sans jamais prendre en compte les contraintes inhérentes à un film -même si Crepuscule with Nellie figure sur la totalité du générique des Liaisons. C'est cette session que nous propose cet album somptueux (musicalement et techniquement) qui anticipe sur les années Columbia, dernière phase de la carrière de Monk qui verra son répertoire se réduire comme peau de chagrin et, à quelques exceptions près (ses disques en solo), ne plus être joué qu'en quartette avec, comme seuls membres inamovibles, Rouse et son ténor.