"WHO"

Treize ans ont passé depuis le dernier album des Who qui en 2006, comblait déjà un quasi-quart de siècle d'absence discographique. Logiquement, le trou créatif de Pete Townshend -auteur-compositeur quasi exclusif du groupe- se devrait d'être abyssal mais à 74 piges, voilà un (dernier?) coup de rein sur...

Treize ans ont passé depuis le dernier album des Who qui en 2006, comblait déjà un quasi-quart de siècle d'absence discographique. Logiquement, le trou créatif de Pete Townshend -auteur-compositeur quasi exclusif du groupe- se devrait d'être abyssal mais à 74 piges, voilà un (dernier?) coup de rein sur disque. Initialement, sous des auspices moyens puisque les deux Who survivants, Pete et le chanteur Roger Daltrey, 75 ans, ont enregistré séparément leurs parts en studio, pour cause d'antagonisme atrabilaire. Sur papier, c'est la déprimante maison de retraite assurée mais à l'écoute des onze morceaux, bizarrement, la suspicieuse opération prend un tout autre tour. Première évidence, Daltrey, limité en live, chante superbement, avec le tonus d'un mec de 30 ans. Le de-aging version son? Peu importe parce que cela claque aussi du côté des chansons: rien de tel qu'un peu de colère pour gaver la niaque, se donner le dégoût de Guantanamo & Co ( Ball and Chain), noter le dramatique incendie de la tour londonienne de Grenfell ( Street Song) ou interroger la créativité vieillissante ( Hero Ground Zero). En dehors de tout moralisme ambiant ou -merci Petit Jésus- de collaboration opportuniste à la Kanye West. Plutôt une formule seventies qui sonne tranchante et intemporelle -notamment dans l'impeccable Break the News- susceptible de plaire aussi aux gens qui n'envisagent pas encore la retraite. Comme quoi, tout est décidément possible: même un clinquant coup de sang vétéran.