Certains artistes résistent plus facilement que d'autres aux catégories. Lawrence Le Doux, par exemple. Aussi discret qu'inclassable, le Liégeois, basé à Bruxelles, n'a cessé de multiplier les projets (et les alias, si l'on en croit sa fiche discogs, qui le référence notamment sous le nom de Tetrapak, ou encore Scratch Pet Land, quand il officiait en duo avec son frère à la fin des années 90). L'an dernier, Laurent Baudoux de son vrai nom sortait encore Music For Documentaries, sur le label Hivern Discs (drivé par John Talabot).
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Certains artistes résistent plus facilement que d'autres aux catégories. Lawrence Le Doux, par exemple. Aussi discret qu'inclassable, le Liégeois, basé à Bruxelles, n'a cessé de multiplier les projets (et les alias, si l'on en croit sa fiche discogs, qui le référence notamment sous le nom de Tetrapak, ou encore Scratch Pet Land, quand il officiait en duo avec son frère à la fin des années 90). L'an dernier, Laurent Baudoux de son vrai nom sortait encore Music For Documentaries, sur le label Hivern Discs (drivé par John Talabot). S'il y a cependant un label qui correspond bien au papillonage et au sens de l'expérimentation du bonhomme, c'est bien Vlek. Lancée en 2010, l'enseigne bruxelloise s'est donné pour ligne de conduite de ne pas en avoir, sinon celle de la singularité. Forcément Lawrence Le Doux s'y est senti dès le départ à la maison. Exemple en 2016, notamment, quand il y publie The Nap, récréation quasi hip hop signée sous le nom de Baleine 3000, qui voyait l'intéressé collaborer avec le DJ français Afrojaws et le MC japonais MC Illreme. Aujourd'hui, c'est à nouveau sur le (micro-)label que Lawrence Le Doux a décidé de faire atterrir son dernier projet. Une démarche d'autant plus logique que Host se veut empreint de belgitude... À en croire la présentation de Host, il s'agissait en effet pour Le Doux de "s'immerger profondément dans l'histoire nationale belge de la musique électronique, et d'en ressortir un échantillon recouvrant les différents champs explorés tout au long de ces 30 dernières années". Carrément. Le premier des sept morceaux s'intitule ainsi Je rêve Xanadou. Une comptine minimale-ambient qui aurait été composée au départ pour un documentaire. Pourquoi pas? Elle est suivie d' Espace bleue, autre miniature électronique nocturne, qui serait tirée d'un morceau commandé par la compagnie de téléphone Nokia, au moment de lancer leur premier portable en Belgique. "Ils ont choisi ce morceau car les sons trance étaient très familiers pour le public belge", précisent les notes de pochette. Plus loin, la balearic lo-fi de Digital Butterfly aurait été inspirée de Visa pour le monde, émission qui a fait les beaux jours de la RTBF, à la charnière des années 70-80; tandis que Tape n°2 est censé être une reprise de l'un des rares titres du groupe Tronf 424 (sic), séparé après un an à peine d'existence... On l'a compris: la relecture promise par Lawrence Le Doux du "sound of Belgium" est à prendre au second degré -ce dont n'a jamais manqué l'intéressé, il faut bien l'avouer. Pour autant, Host dépasse la simple blague. Son parti pris absurde nourrit même la musique et ses errances poétiques, quasi lunaires par moment. Comme d'habitude, Vlek a particulièrement soigné la version physique de l'album. Tiré à 300 exemplaires vinyles, Host bénéficie d'une pochette réalisée de manière artisanale. Conçu sur une vieille presse par Dimitri Runkarri, l'artwork a été imprimé cette fois sur une plaque en verre. Déformant, forcément...