Après une première saison réussie, au coeur de laquelle Jessica Biel incarnait une mère poussée au crime par les relents de son passé, la série change d'intrigue, de scène et de personnages secondaires mais reprend en seconde saison le détective Harry Ambrose (Bill Pullman, superbement chiffonné). Il est cette fois chargé de re...

Après une première saison réussie, au coeur de laquelle Jessica Biel incarnait une mère poussée au crime par les relents de son passé, la série change d'intrigue, de scène et de personnages secondaires mais reprend en seconde saison le détective Harry Ambrose (Bill Pullman, superbement chiffonné). Il est cette fois chargé de revenir dans son patelin de l'État de New York, rappelé par la jeune officier Heather Novack, pour enquêter sur un double meurtre singulier: un couple retrouvé mort empoisonné dans une chambre de motel, les corps disposés comme dans un rituel. Un gamin est aux aveux, Julian, passablement secoué par des épisodes de panique. Au coeur de l'enquête passionnante et brillamment mise en scène: la manière dont la mémoire se construit, retranche et amplifie pour contourner le trauma. Il revient à Ambrose, lui-même passablement secoué, d'orchestrer les allers-retours de part et d'autre du miroir pour distinguer le réel de son reflet changeant. Sa tâche est rendue d'autant plus complexe que toute l'affaire cible une obscure communauté alternative et sectaire dont le gourou n'est autre que la mère de Julian, Vera, incarnée par une Carrie Coon ( The Leftovers, Fargo) plus ambiguë et troublante que jamais. Rappelant par moment la mécanique du documentaire Wild Wild Country (disponible sur Netflix), l'intrigue s'applique, à travers Ambrose, à tenter de comprendre toutes les composantes de l'énigme, soulignant les entraves et les biais du jugement moral, des présupposés trop faciles. Palpitant et confrontant tout à la fois.