Ancienne Belgique

à Anvers
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à Anvers Aujourd'hui, l'endroit est occupé par un magasin de vêtements. Mais au début des années 80, l'Ancienne Belgique anversoise rassemblait tous les éléments de la boîte branchée, entre extravagance et décadence arty, sorte d'équivalent belge du Palace parisien. Les DJ's de l'endroit, Ronny Harmsen (à droite sur la photo) et John Van Looveren, bénéficient alors d'une marge de programmation confortable: ils se permettent de passer aussi bien du James Brown que le Psyche Rock de Pierre Henry, voire du Steve Reich. La tonalité générale des sets est plutôt dark, sorte de "version gothique" de la musique baléarique pratiquée à Ibiza, explique le journaliste anglais Bill Brewster. à Destelbergen (Gand) 1988, à quelques kilomètres de Gand. Une scène habituelle: le lundi, au petit matin, au bord d'une nationale paumée, les voitures font la file. Il est près de 6 h, mais les clubbers espèrent toujours rentrer dans l'antre de la new beat, le Boccaccio International. Il y a d'abord le décor. Jusque-là, la plupart des clubs jouaient sur les couleurs chaudes, les velours... Au Boccaccio, les escaliers sont en marbre, des miroirs ont été accrochés aux murs, l'éclairage privilégie les néons. Ensuite, il y a évidemment la musique, lancinante, hypnotique, droguée. Une transe collective qui emporte jusqu'à 2000 personnes à la fois. La fête se terminera en 93, après une ultime descente de police. à Ostende Si la musique popcorn tire bien son nom de la discothèque ouverte en 1969 en plein platteland flamand du côté de Bruges, c'est à Ostende qu'elle trouvera le plus grand écho, du côté du Groove, installé dans la Langestraat, dans le quartier chaud de la ville. Arno raconte par exemple que c'est là qu'il a vécu quelques-uns de ses premiers frissons musicaux. On y passait essentiellement des morceaux de soul sixties obscurs, de jazz ou de ska, joués "à la belge", au ralenti. Le patron de l'endroit s'appellait Freddy Cousaert. C'est lui qui, quelques années plus tard, recueillera Marvin Gaye, alors en pleine perdition, relançant une dernière fois sa carrière... à Zandhoven Jozef Devillé n'a pas peur de remonter loin pour trouver les racines du Sound of Belgium. L'une des hypothèses avancées dans son documentaire: le goût local pour les musiques mécaniques, que l'on retrouve notamment dans la folie des orgues, fonctionnant avec des cartes perforées. "Avant la finition des grands axes routiers, Zandhoven, par exemple, se trouvait à un n£ud, au croisement d'une série de petites routes nationales. Il y avait au moins sept grands cafés, dont le 14 Billekens avec son orgue monumental. Un café gigantesque qui attirait 500 à 1000 personnes. Chaque dimanche, des cars débarquaient d'un peu partout. C'était un peu l'ancêtre des mégadiscothèques."L.H.