C'est d'abord le récit d'une impossibilité: une seule et même personne ne peut se trouver à deux endroits différents au même moment. Pourtant le crime sordide sur lequel s'ouvre The Outsider entend bien faire la nique à l'implacable logique cartésienne présidant généralement aux enquêtes...

C'est d'abord le récit d'une impossibilité: une seule et même personne ne peut se trouver à deux endroits différents au même moment. Pourtant le crime sordide sur lequel s'ouvre The Outsider entend bien faire la nique à l'implacable logique cartésienne présidant généralement aux enquêtes policières. Adaptée de l'un des derniers romans en date de Stephen King, la série démarre ainsi sur un mode on ne peut plus réaliste, mais son centre de gravité se déplace peu à peu vers des territoires de plus en plus surnaturels, nourris de peurs et de névroses, qui finissent au fond par évoquer ceux développés dans le fameux It. C'est précisément ce basculement étonnant du polar poisseux au fantastique horrifique qui fait tout le sel de The Outsider, même si l'opération ne manque pas de désarçonner. Car la sobriété classieuse du début, renforcée par la plume d'un Richard Price ( Clockers) évoluant en terrain connu, fait souvent place à une surenchère volontiers grimaçante de rebondissements qui teste aussi bien les limites de la croyance de ses protagonistes que celles de ses spectateurs. Solidement dialoguée, interprétée et mise en scène, l'aventure vaut toutefois qu'on s'y abandonne: l'apaisement et la grâce sont au bout du chemin. Suppléments DVD consistants qui invitent à appréhender plus en profondeur l'univers de la série.