C'est peu dire que The Morning Show affichait de grandes ambitions. Avec son pitch droit dans l'actu -le présentateur vedette d'une chaîne d'info est viré pour harcèlement sexuel-, son casting galactique (Jennifer Aniston, Reese Witherspoon, Steve Carell, etc.) et son budget équivalent au PIB de certains pays du tiers-monde, la création de Jay Carson ne pouvait être qu'un succès. L'émotion de découvri...

C'est peu dire que The Morning Show affichait de grandes ambitions. Avec son pitch droit dans l'actu -le présentateur vedette d'une chaîne d'info est viré pour harcèlement sexuel-, son casting galactique (Jennifer Aniston, Reese Witherspoon, Steve Carell, etc.) et son budget équivalent au PIB de certains pays du tiers-monde, la création de Jay Carson ne pouvait être qu'un succès. L'émotion de découvrir Rachel de Friends dans un rôle "sérieux" ne suffit pas, et la première saison, inaboutie, laisse un peu dubitatif. Voici la saison 2, et dans l'univers impitoyable du petit écran, on nous demande toujours, comme dans Billions ou Succession, d'apprécier des personnages détestables... Le difficilement cernable Cory (Billy Crudup) est passé PDG, Alex (Aniston) a pris une année sabbatique et Bradley (Witherspoon) se morfond au même poste... Lorsque -coup de théâtre!- Eric, son nouveau partenaire, est promu au JT du soir. Cory supplie alors Alex de revenir présenter le sacro-saint Morning Show aux côtés de Bradley. La série ne contourne pas l'obstacle coronavirus et ose le flash-back en pleine panique à Wuhan -ainsi qu'un étonnant arc narratif en Italie, au bord du majestueux lac de Côme, au moment même où l'épidémie étreint la Botte presque jusqu'à l'étouffement. C'est là que l'effroyable Mitch (le prédateur sexuel cancelled en pleine gloire, joué par Steve Carell) tente de se ressourcer dans une somptueuse villa. S'engagerait-il sur le long et pénible chemin de la rédemption? Le stupéfiant concours de baratin auquel se livre non-stop cette "grande famille" de la télé est toujours aussi délectable (mention spéciale à Billy Crudup), et la brochette d'acteurs de prestige formidable (dont, surprise, la trop rare Valeria Golino). Mais la série s'ingénie à manquer les occasions de traiter en profondeur les problématiques qu'elle évoque et préfère seulement esquisser de bonnes idées. Dommage.