"Whatever It Takes"

Pour avoir pas mal traîné aux côtés de Van Morrison, James Hunter sait de quoi il retourne quand il s'agit d'aboyer un rhythm'n'blues râpeux, gorgé de soul (à moins que ce ne soit l'inverse). L'Anglais n'aura toutefois jamais autant bousculé et remué depuis qu'il a passé ses morceaux au tamis Daptone. En collaborant avec le b...

Pour avoir pas mal traîné aux côtés de Van Morrison, James Hunter sait de quoi il retourne quand il s'agit d'aboyer un rhythm'n'blues râpeux, gorgé de soul (à moins que ce ne soit l'inverse). L'Anglais n'aura toutefois jamais autant bousculé et remué depuis qu'il a passé ses morceaux au tamis Daptone. En collaborant avec le bonhomme, le label new-yorkais spécialisé dans la soul vintage est resté fidèle à ses principes: poussant Hunter à assumer complètement ses accents les plus rétros, trop souvent gommés sur ses productions précédentes, il lui a permis de retrouver une nouvelle pertinence. Après Hold On! en 2016, Whatever It Takes confirme ainsi le parti pris. Comme un poisson dans l'eau, le quinqua croone et groove comme jamais. Dépassant rarement les trois minutes, les morceaux font bouillir la marmite classic soul circa 1965 avec une aisance déconcertante. Dès l'entame, I Don't Wanna Be With You se balance entre coulées d'orgue bien senties et cuivres sinueux. Plus loin, I Got Eyes s'énerve un peu plus, accélérant le tempo, permettant à Hunter de lâcher un premier cri rauque de bête blessée, tandis que I Schould'Ve Spoke Up sonne presque comme la suite de Sittin' on the Dock of the Bay (n'est-ce pas les mêmes mouettes que l'on entend sur les premières secondes du morceau?). Bien sûr, l'exercice ne renouvellera ni le genre, ni le son de Hunter, et encore moins celui de Daptone. Mais au moment où le label pleure toujours la disparition de deux de ses plus grandes voix (Sharon Jones et Charles Bradley, tous les deux emportés par un cancer), on aurait tort de bouder son plaisir.