Avec The Glorias, Julie Taymor renoue avec le film biographique, un genre qui lui avait souri avec Frida, son portrait de Frida Kahlo. Et de s'atteler cette fois à retracer le parcours de Gloria Steinem, journaliste et militante féministe, dont elle adapte l'autobiographie, My Life on the Road. Une existence qui méritait bien un film, en effet, courant de l'enfance ...

Avec The Glorias, Julie Taymor renoue avec le film biographique, un genre qui lui avait souri avec Frida, son portrait de Frida Kahlo. Et de s'atteler cette fois à retracer le parcours de Gloria Steinem, journaliste et militante féministe, dont elle adapte l'autobiographie, My Life on the Road. Une existence qui méritait bien un film, en effet, courant de l'enfance dans l'Amérique des 40's à la Marche des femmes de janvier 2017 à Washington; de l'éveil d'une conscience féministe au militantisme éclairé, avec pour étapes le voyage d'études en Inde, les premiers articles dénonçant la société patriarcale (dont le fameux A Bunny's Tale), la création, avec Dorothy Pitman Hughes (Janelle Monáe), du magazine Ms, ou encore la National Women's Conference de 1977. Soit une histoire exemplaire, dont les contours épousent ceux d'un demi-siècle de luttes féminines aux États-Unis. Et un destin hors norme, pour un sujet passionnant on ne peut mieux dans l'air du temps. Cela posé, le film de Julie Taymor n'emporte pas totalement l'adhésion. On connaît le goût de la réalisatrice de Across the Universe pour les mises en scène tape-à-l'oeil. The Glorias ne déroge pas à la règle, avec comme gimmick le plus visible (mais pas exclusif), la cohabitation, en inserts noir et blanc dans un bus Greyhound, de diverses incarnations de Gloria Steinem à différents âges de sa vie, interprétées successivement par Ryan Kiera Armstrong, Lulu Wilson, Alicia Vikander et Julianne Moore. Une manière de favoriser le dialogue entre les époques, pour un résultat improbable. S'y ajoute un excès de révérence au détriment de la complexité du personnage, disposition à laquelle même la grande Julianne Moore ne peut pas grand-chose...