Quatrième long métrage de Hou Hsiao-hsien, The Boys from Fengkuei bénéficiait, en 2015, d'une restauration exemplaire sous la direction du maître taïwanais dans le laboratoire digital de la Cinematek, pour un résultat que l'on peut apprécier aujourd'hui sur diverses plateformes VOD. Sorti en 1983 après trois projets plus commerciaux, The Boys from Fengkuei constitue un tournant ...

Quatrième long métrage de Hou Hsiao-hsien, The Boys from Fengkuei bénéficiait, en 2015, d'une restauration exemplaire sous la direction du maître taïwanais dans le laboratoire digital de la Cinematek, pour un résultat que l'on peut apprécier aujourd'hui sur diverses plateformes VOD. Sorti en 1983 après trois projets plus commerciaux, The Boys from Fengkuei constitue un tournant esthétique dans la carrière du futur réalisateur de La Cité des douleurs, Three Times et autre The Assassin, non sans jeter les bases de la nouvelle vague taïwanaise. Le cinéaste y ouvre la période autobiographique de sa filmographie, s'inspirant de son expérience personnelle et de sa jeunesse tumultueuse pour croquer le portrait de quatre (puis trois) jeunes gens originaires de Fengkuei, un petit village de pêcheurs, glandeurs trompant l'ennui en faisant les 400 coups. Et décidant, en attendant d'être appelés à l'armée, de partir pour la ville de Kaohsiung... Suspendu dans ce temps précédant l'entrée dans l'âge adulte, The Boys from Fengkuei reste un moment de pure grâce cinématographique. L'art de HHH s'y déploie, déjà souverain, dans des plans-séquences à la composition lumineuse, tandis que la narration, volontiers elliptique, charrie des sentiments délicats. Si l'humour est ici bien présent, c'est plus encore la mélancolie qui accompagne les évolutions de ces adolescents, chronique que Hou Hsiao-hsien relève de scènes inoubliables -celle de la chorégraphie approximative qu'ils exécutent devant les vagues pour les beaux yeux d'une jeune fille. Ou encore celle où, en lieu et place du film porno clandestin escompté, les gaillards découvrent, dans un panoramique imparable - "le grand écran, en couleur"-, la ville de Kaohsiung s'étendant à leurs pieds. Magique.