Le commerce de la nostalgie gaming tourne à plein régime depuis quelques années. La NES, le Commodore 64 ou plus récemment la première PlayStation alimentent ainsi un flux ininterrompu de rééditions hardware. De grandes enseignes comme Sega ou Square Enix multiplient, de leur côté, les resucées de leurs tubes des années 80 et 90. Installé à Paris depuis 2007, Dotemu préfère exhumer des pépites oubliées des gros éditeurs. Adapté sur Switch (après un passage sur PS4 et PS Vita l'an dernier), Windjammers, la dernière d'entre elles, claque des matchs entre air hockey, frisbee magique et tennis sous speed.
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Le commerce de la nostalgie gaming tourne à plein régime depuis quelques années. La NES, le Commodore 64 ou plus récemment la première PlayStation alimentent ainsi un flux ininterrompu de rééditions hardware. De grandes enseignes comme Sega ou Square Enix multiplient, de leur côté, les resucées de leurs tubes des années 80 et 90. Installé à Paris depuis 2007, Dotemu préfère exhumer des pépites oubliées des gros éditeurs. Adapté sur Switch (après un passage sur PS4 et PS Vita l'an dernier), Windjammers, la dernière d'entre elles, claque des matchs entre air hockey, frisbee magique et tennis sous speed. Singlets fluo, lunettes de soleil géantes et sourires Colgate... Les six personnages du jeu de Data East exhalaient un parfum eighties dont l'anachronisme lui fut fatal, à sa sortie, en 1994. Sa réalisation moins spectaculaire qu'un Samurai Shodown ou un World Heroes ne l'a pas aidé à se faire une place dans les salles d'arcade enfumées de l'époque. N'invoquant que deux boutons d'action à la manette, ce jeu d'arcade démodé de naissance cachait pourtant des trésors de subtilités derrière son apparente simplicité. Ce descendant légitime de Pong demande basiquement de toucher le mur de son adversaire ou le sol de sa surface de jeu (via un lob) pour marquer des points. Appuyer sur la touche d'action, pile au moment de la réception, accélère le lancer du disque et anime les débats. Rien de sorcier. Mais au-delà, les choses s'emballent. Le disque rebondit ainsi furieusement sur les murs latéraux du terrain pour peu qu'on lui ait donné assez de puissance. Pour l'adversaire, sa trajectoire devient alors presque impossible à suivre. Tracer des demi-lunes au joystick pour donner des effets au frisbee, caller des lobs, taper des coups spéciaux, maîtriser les accélérations de son joueur: l'apprentissage progresse à tâtons. En soirée, calés face au téléviseur, les béotiens éprouveront toutefois autant de plaisir que les fins lanceurs. Même si le chrono se règle jusqu'à 99 secondes, les manches s'enfilent en effet à toute vitesse. Cette nervosité n'a pas échappé à Dotemu, qui tente de pousser Windjammers dans le monde du sport électronique. Pour y arriver et implanter un mode en ligne, le studio parisien a exploré les lignes de code du jeu original pour les modifier, en mode " reverse engineering". La réédition Switch compile les bandes originales des deux versions historiques du jeu (arcade et Neo Geo CD) et des variations graphiques d'une propreté réjouissante. Il faut dire que Dotemu sait y faire en matière de rééditions. L'équipe qui a déjà collaboré avec une longue liste de créateurs (dont Yoshihisa Kishimoto pour Double Dragon) affiche ainsi un tableau de chasse d'une quinzaine de rééditions rétro. Des traductions françaises et anglaises de jeux cultes japonais comme Ys Origin au remake très BD du Wonder Boy de la Master System, l'équipe française s'est taillé une belle crédibilité. Si bien qu'elle vient de lancer The Arcade Crew, un label hébergeant des titres indé actuels à la patine pixélisée. À suivre donc...